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C'est une première depuis vingt ans: les Américains vivent moins longtemps

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(Photo d'illustration) - Public Domain - Pixabay - CC

Pour la première fois depuis plus de vingt ans, l'espérance de vie a reculé aux États-Unis. En cause: Alzheimer, l'augmentation des pathologies cardiovasculaires et les maladies respiratoires chroniques.

Cela n'était pas arrivé depuis 1993. L'espérance de vie des Américains a reculé en 2015, première baisse depuis le pic de la crise du sida au début des années 90, selon un rapport des autorités sanitaires publié ce jeudi qui montre un net accroissement du taux de mortalité.

Un enfant né en 2015 aux États-Unis peut espérer vivre en moyenne jusqu'à 78,8 ans, une baisse de 0,1 an par rapport à 2014 (78,9) qui était un record, indiquent les statistiques des Centres de contrôle et de prévention des maladies.

La mortalité liée au cancer en baisse

Ce recul est attribué à une augmentation de la mortalité résultant de la maladie d'Alzheimer, la plus importante augmentation (+15,7%), mais aussi de pathologies cardiovasculaires (+0,9%), de maladies respiratoires chroniques (+2,7%), rénales (+1,5%), d'accidents (+6,7%), d'attaques cérébrales (+3%), du diabète (+1,9%) et des suicides (+2,3%).

Une note encourageante cependant: la mortalité liée au cancer a baissé l'an dernier (-1,7%) par rapport à 2014, tandis que le nombre de décès résultant de la grippe et de la pneumonie est resté inchangé.

76 ans pour les hommes, 81 ans pour les femmes

Pour les hommes, l'espérance de vie est donc de 76,3 ans et de 81,2 ans pour les femmes, une diminution de respectivement 0,2 et 0,1 année par rapport à 2014, fait ressortir le rapport. En revanche, l'espérance de vie à 65 ans a été inchangée par rapport à 2014: une personne de cet âge en 2015 peut espérer vivre encore 19,4 ans en moyenne (20,6 ans pour les femmes, 18 ans pour les hommes).

Un total de 2,7 millions de décès ont été enregistrés en 2015 aux outre-Atlantique, soit 86.000 de plus que l'année précédente. Le taux de mortalité de la population américaine a donc augmenté de 1,2%, ce qui représente le premier accroissement depuis 1999, relèvent les auteurs.

"C'est inhabituel, 2015 a été différent des autres années", a pointé un épidemiologiste, principal auteur de ce rapport. Il apparaît qu'il y a eu plus de décès que durant les dernières années", a-t-il ajouté, soulignant qu'il faut remonter à 1993 pour retrouver un recul de l'espérance de vie.

Avancées médicales et amélioration de l'hygiène

Cette année-là, le taux de mortalité avait atteint un record aux États-Unis avec la crise du sida combinée à une importante épidémie de grippe qui avait provoqué davantage de décès que d'habitude.

Les gains de longévité enregistrés durant des décennies depuis la Seconde Guerre mondiale ont surtout résulté des avancées médicales, d'une amélioration de l'hygiène, de la nutrition et de l'éducation ainsi que de politiques de santé publique comme la lutte contre le tabagisme.

Le Japon en tête

Selon une étude parue fin 2015, menée par l'Américain Angus Deaton, prix Nobel d'Economie, la mortalité chez les Américains blancs d'âge moyen, qui était en déclin depuis 1978, a recommencé à augmenter depuis quinze ans en raison des abus d'alcool, de drogue et des suicides, surtout chez les populations défavorisées.

Au classement de la longévité de la Banque mondiale en 2014, les Etats-Unis étaient derrière près de 40 pays. Le Japon était en tête avec une espérance de vie de 84 ans, devant la Suisse (83 ans), la France, la Suède et le Canada (82 ans) ou encore le Chili (81 ans).

Céline Hussonnois-Alaya avec AFP