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Bradley Manning, la taupe de WikiLeaks, devant la justice lundi

Le soldat Bradley Manning, 25 ans, accusé d'avoir fait fuiter des milliers de documents de l'armée américaine.

Le soldat Bradley Manning, 25 ans, accusé d'avoir fait fuiter des milliers de documents de l'armée américaine. - -

Le soldat de 25 ans encourt la perpétuité pour avoir diffusé des milliers de documents confidentiels de l'armée américaine au site WikiLeaks. Le gouvernement américain l'accuse de collusion avec Al-Qaïda. Ce qu'il dément.

La "taupe" de Wikileaks affronte la justice américaine. Trois ans après son arrestation en Irak pour l'une des plus importantes fuites de documents confidentiels de l'histoire américaine, le soldat Bradley Manning comparaît devant une cour martiale à partir de lundi.

Petit gabarit, cheveux blonds rasés de près et visage d'adolescent fendu de lunettes fines, l'ancien soldat de 25 ans originaire de l'Etat d'Oklahoma ne donne pas l'air d'être l'un des plus célèbres "whistleblowers" (dénonciateurs, en français) de l'histoire des Etats-Unis.

Mais les accusations portées contre lui sont graves. Il est soupçonné de "collusion avec l'ennemi", en l'occurrence l'organisation terroriste Al-Qaïda, pour avoir livré au site internet WikiLeaks des milliers de documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et plus de 250.000 dépêches du département d'Etat. Pour cela, il encourt la prison à perpétuité.

"Provoquer un débat public"

Le gouvernement américain affirme en effet que le soldat Manning a "sciemment" mis les Etats-Unis en danger en communiquant ces documents secrets, auxquels il avait accès dans le cadre de ses fonctions d'analyste du renseignement en Irak entre novembre 2009 et son arrestation en mai 2010. Une allégation que le gouvernement devra néanmoins prouver au procès.

Le jeune homme de 25 ans a "endossé l'entière responsabilité de ses actions" mais a catégoriquement nié avoir voulu "nuire" aux Etats-Unis. "Je croyais que la publication (des documents) pourrait provoquer un débat public sur nos forces armées et notre politique étrangère en général", a-t-il plaidé devant la juge, lors d'une de ses deux interventions en présence des médias.

Documents retrouvés dans la cache de Ben Laden

Il plaidera coupable de dix chefs d'accusation, mais se considère innocent des accusations de "collusion avec l'ennemi" et de "publication sur internet de renseignements militaires en sachant qu'ils seront accessibles à l'ennemi", les plus lourdes des 22 charges.

Dans ce procès qui doit durer jusqu'au 23 août, vingt-quatre témoins seront appelés à la barre. Parmi eux, plusieurs ambassadeurs, des responsables du Pentagone et du renseignement, et un membre du commando qui a participé au raid contre le bunker d'Oussama ben Laden au Pakistan. Témoin-clé de l'accusation, ce dernier doit s'exprimer sur des documents diffusés par WikiLeaks et retrouvés dans la cache de Ben Laden, attestant que les informations dévoilées par Manning étaient bien arrivées entre les mains d'Al-Qaïda.

M. T. avec AFP