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Armes à feu: un mal américain, un droit des Américains

Des armes à feu exposées lors d'un salon de la NRA

Des armes à feu exposées lors d'un salon de la NRA - -

Comme après chaque drame, la question du port d'armes surgit aux États-Unis. Si Barack Obama avait tenté de légiférer après Aurora, il ne devrait rien tenter cette fois.

"Un jour de honte pour Washington". Nous sommes en avril 2013 lorsque le président des Etats-Unis Barack Obama prononce cette phrase. La fusillade mortelle, qui a coûté la vie à 13 personnes lundi dans la capitale, n'a pas encore eu lieu, mais le souvenir du drame de Newtown est encore frais. Ceux d'Aurora, Fort Hood, Blacksburgh, Tucson ou encore Columbine également. Lorsque Barack Obama prononce ces mots, le Sénat, pourtant démocrate, vient de rejeter son projet de loi visant à mieux contrôler les acheteurs d'armes à feu aux Etats-Unis. Et ce n'est pas peu dire que le président américain avait donné de sa personne pour ce projet.

Problème, le droit au port d'armes, protégé par le deuxième amendement de la Constitution, peut aussi compter sur la National rifle association (NRA) et son puissant lobby. En avril dernier, Barack Obama les avait violemment attaqué, déclarant que le lobby des armes avait "délibérément menti" pour faire échouer la réforme.

La tentative de Clinton

Clairement, les Américains montrent un réel attachement à cet amendement, à ce "droit fondamental" sur les armes, malgré de régulières fusillades. Signé en 1791 avec dix autres amendements fondateurs, il est au cœur notamment de la politique défendue par les républicains. Par exemple, en 1994, les armes d'assaut (carabine, fusil) avaient été interdites pour dix ans par le démocrate Bill Clinton. Cette loi n'a pas été reconduite par George W. Bush en 2004.

Pourtant certains états, à défaut d'une législation fédérale forte, tentent des législations restrictives avec plus ou moins de succès comme le montre la carte ci-dessous. On y constate grâce aux notes sur 100 données par le Brady Center, qui lutte pour le contrôle des armes, que les Etats qui sont les plus répressifs ne sont pas les plus épargnés par les tueries. L'inverse est également vrai.

>> Cochez "Les fusillades depuis 1966" pour voir apparaître les plus importantes turies des 50 dernières années:

Pas de bataille pour Obama

La fusillade de Washington sera-t-elle suffisante pour réintroduire le débat au sein de la société, mais aussi de la classe politique américaine? "La Maison Blanche a fait savoir qu'il était inapproprié aujourd'hui de remettre ce débat sur la table", explique l'historien, spécialiste des Etats-Unis, François Durpaire sur BFMTV. En effet, dans un contexte chargé de dossiers épineux - Syrie, économie - pas sûr que Barack Obama ait la force de mener de nouveau bataille dans ce domaine.

"Obama lui-même utilise le terme de fusillade de masse, poursuit François Durpaire, et il faut bien comprendre que depuis dix ans aux Etats-Unis il y a eu dix fusillades avec plus de dix morts". Comme si ce type d'événements faisaient désormais partie du décor.

Samuel Auffray et Olivier Laffargue (carte)