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Etats-Unis: la police prend son téléphone pour une arme et l'abat de 20 coups de feu

Capture d'écran tirée des images de la caméra embarquée d'un des policiers intervenus pour interpeller Stephon Clark, dans la nuit du 18 au 19 mars, à Sacramento.

Capture d'écran tirée des images de la caméra embarquée d'un des policiers intervenus pour interpeller Stephon Clark, dans la nuit du 18 au 19 mars, à Sacramento. - Capture d'écran

Un jeune homme de 22 ans poursuivi par la police a été abattu par une rafale de tirs, à Sacramento, en Californie. Les forces de l'ordre le pensaient armé, il ne portait en réalité qu'un téléphone portable.

Il ne faisait que tenir son téléphone. Dans la nuit de dimanche à lundi, la police de Sacramento, en Californie, a abattu un jeune homme afro-américain de 22 ans, après avoir pris le téléphone qu'il tenait dans sa main pour une arme à feu, ont rapporté les médias américains, mercredi.

Abattu dans le jardin de sa maison

La police intervenait ce soir-là dans le quartier où vivait Stephon Clark chez ses grands-parents, après avoir été appelée à propos d'un homme qui brisait des vitres de voiture. Selon un communiqué diffusé par la police de Sacramento, un hélicoptère a fait des repérages depuis le ciel, et dirigé les forces de l'ordre vers un suspect, Stephon Clark. Se retrouvant face aux officiers, le jeune homme a cherché à fuir à travers sa maison.

C'est à ce moment-là que les policiers l'ont poursuivi à pied, avant de l'abattre de plusieurs balles dans le jardin de sa maison. Dans le communiqué, la police explique que Stephon Clark s'est tourné dans sa fuite vers les policiers, "le bras tendu, et un objet dans sa main". Croyant à une arme, les officiers ont ouvert le feu, précisément vingt coups, sur le jeune homme. En réalité, ce dernier n'avait qu'un téléphone portable dans les mains. 

Stephon Clark avait 22 ans et était père de deux enfants.
Stephon Clark avait 22 ans et était père de deux enfants. © Capture d'écran Twitter

Scène filmée

Une vidéo de la scène, capturée par une caméra embarquée accrochée à l'uniforme d'un des policiers, a été diffusée mercredi par les médias américains, et montre la scène. On y voit un groupe d'officiers de police armés courir dans la nuit noire après un suspect, et se retrouver dans un jardin.

L'un d'entre eux crie alors: "Montre tes mains! Arme à feu! Arme à feu! Arme à feu!". Une rafale de tirs est immédiatement envoyée en direction de Stephon Clark. S'en suit un silence, y compris lorsque les policiers lui crient de montrer ses mains, ou lui demandent s'il les entend. Le jeune homme gît sur le sol, inanimé.

La polémique sur les violences policières relancée

L'enquête n'a pas encore permis de déterminer si Stephon Clark était bien le suspect recherché par la police dans l'affaire des vitres de voitures brisées, où s'il s'est simplement retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, comme l'affirme sa grand-mère, Sequita Thompson, chez qui il vivait, et qui a entendu les coups de feu. 

Stephon Clark était père de deux enfants en bas âge, et avait une fiancée. Outre-Atlantique, la mort de ce jeune Afro-Américain a d'ores et déjà relancé la polémique sur les violences policières contre la communauté noire, qui avait entraîné la naissance du mouvement Black Lives Matter, en 2013.

De nombreux internautes ont notamment dénoncé la démesure de la réponse des policiers, la comparant au fait que Nikolas Cruz, l'auteur de la fusillade de Parkland, le 14 février dernier, en Floride, et Dylann Roof, qui avait ouvert le feu dans une église de Charleston, en Caroline du Sud, en 2015, ont été interpellés sans être tués. 

Adrienne Sigel