BFMTV

États-Unis: l'administration Trump s'attaque au programme de Michelle Obama pour les cantines scolaires

Donald Trump et Michelle Obama en janvier 2017

Donald Trump et Michelle Obama en janvier 2017 - Saul Loeb - POOL - AFP

Partant du constat que les élèves jettent la nourriture qui leur est proposée si elle n'est pas "appétissante", le ministre américain de l'Agriculture propose par exemple non de rayer les légumes du menu, mais de les présenter sous forme de frites.

Pizzas et frites pourraient reprendre toute leur place dans les cantines scolaires américaines, l'administration Trump voulant de nouveau revenir sur le programme initié par Michelle Obama pour promouvoir des repas plus sains dans les écoles.

Le ministre américain de l'Agriculture Sonny Perdue a présenté vendredi une proposition de réforme fédérale pour "assouplir" le programme de l'ex-Première dame, qui fête ce même jour son 56e anniversaire. Partant du constat que les élèves jettent la nourriture qui leur est proposée si elle n'est pas "appétissante", il propose par exemple non de rayer les légumes du menu, mais de les présenter sous forme de frites.

"Les écoles et académies scolaires nous disent qu'il y a encore trop de gaspillage alimentaire et qu'une plus grande flexibilité de bon sens est nécessaire pour fournir aux élèves des repas nutritifs et appétissants", justifie le ministre dans un communiqué.

Il propose ainsi, entre autres, d'offrir à 100.000 écoles et 30 millions d'élèves "plus de variétés de légumes", ainsi que des "menus à la carte".

"Un assaut sur la santé des enfants"

Les organisations liées à la santé sont immédiatement montées au créneau.

"L'administration Trump poursuit son assaut sur la santé des enfants sous le prétexte de 'simplifier' les menus scolaires", a dénoncé dans un communiqué le responsable juridique du Centre pour la science dans l'intérêt public, Colin Schwartz. Cela "(permettra) aux enfants de choisir des pizzas, hamburgers, frites, et autre nourriture riche en calories, saturée en graisses, au lieu d'avoir des menus scolaires équilibrés chaque jour", a-t-il alerté.

Pour beaucoup d'écoliers des quartiers pauvres, il s'agit du seul repas possiblement équilibré de la journée.

"Il ne s'agit pas seulement de ce qu'il y a dans l'assiette, mais également de la manière dont c'est préparé", a également regretté Nancy Roman, présidente du Partenariat pour une Amérique en meilleure santé, citée dans le Washington Post. "Les jeunes enfants ont particulièrement besoin d'être exposés aux fruits et légumes non transformés, faciles à manger", a-t-elle ajouté.

L'initiative de Michelle Obama, adoptée en 2012, avait été jugée cruciale pour lutter contre l'obésité infantile, dans un pays où près d'un enfant ou adolescent sur cinq est en surpoids. Elle mettait des restrictions sur les quantités de sel et les laits sucrés et imposait d'augmenter les céréales complètes dans les repas scolaires. Elle avait déjà été affaiblie par une première réglementation votée en 2018 par l'administration Trump.

Ju. M. avec AFP