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La justice canadienne ouvre la voie à l'expulsion d'un ex-collaborateur des nazis

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- - DON EMMERT / AFP

Jeudi, la cour fédérale canadienne a refusé d'étudier le recours d'un plaignant contestant sa déchéance de nationalité, ouvrant ainsi la voie à son expulsion.

La cour fédérale canadienne a refusé jeudi d'étudier un nouveau recours d'un immigré d'origine ukrainienne, qui conteste la déchéance de sa nationalité canadienne pour sa collaboration avec une unité d'extermination nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Menti aux autorités

La cour fédérale a jugé jeudi "légitime" la conclusion du gouvernement selon laquelle Helmut Oberlander, 94 ans, avait menti aux autorités sur ses véritables activités pendant la guerre. Il a "volontairement contribué, de façon importante et en connaissance de cause, aux activités et à la finalité criminelle de cette unité SS", a conclu la cour.

Cette nouvelle décision ouvre la voie à l'expulsion du nonagénaire, même si ce dernier peut encore faire appel de ce jugement.

"Le Canada ne devrait jamais être un havre de paix pour des criminels de guerre et des gens ayant commis des crimes contre l'humanité", a déclaré Ahmed Hussein, ministre de l'Immigration, se disant "très satisfaits de la décision" du tribunal.

Bataille judiciaire

Helmut Oberlander livre depuis 1995 une bataille judiciaire contre le Canada, qui lui a retiré sa citoyenneté pour avoir menti sur son passé lors de son arrivée au pays en 1954.

A quatre reprises, il a fait appel avec succès en expliquant qu'il avait rejoint les nazis sous la contrainte.

Il lui est reproché de ne pas avoir mentionné à son arrivée sur le sol canadien son appartenance à un Einsatzkommando (EK), une unité mobile d'extermination nazie ayant mené de nombreuses exécutions sur le territoire de l'ex-URSS après l'invasion allemande.

Canadien depuis 1960

Devenu citoyen canadien en 1960, Helmut Oberlander --né en Ukraine de parents d'origine germanique-- a toujours affirmé avoir été enrôlé de force dans cette unité parce qu'il parlait allemand et russe, et n'avoir joué qu'un rôle d'interprète.

S'il devait être expulsé du Canada, Helmut Oberlander pourrait l'être vers son pays natal ou vers un pays tiers, selon l'Agence des services frontaliers du Canada.

B.L. avec AFP