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Attentat d'Orlando: Omar Mateen, un homme "discret" et "raciste"

Tireur présumé lors de l’attentat dans une boîte gay d’Orlando, en Floride, Omar Mateen est décrit par ses proches comme un homme discret et violent. Déjà repéré par le FBI, ce musulman pratiquant aurait eu des liens avec un imam radical.

Alors que le FBI tente de déterminer si Omar Saddiqui Mateen avait bel et bien des liens avec Daesh, le profil du tireur, qui a fait 50 morts et 53 blessés dans une boîte gay d’Orlando avant d'être abattu par les forces spéciales américaines, commence à se dessiner. En 2013 puis en 2014, le jeune homme de 29 ans avait été interrogé par le FBI en raison de liens terroristes présumés.

Des liens avec la mouvance jihadiste

En 2013, Omar Mateen avait été interrogé deux fois par le FBI après s’être vanté d’être proche de milieux terroristes. En 2014, le jeune homme était suspecté par la police fédérale américaines d’être lié à un Américain qui avait rejoint le front Jabhat al-Nosra avant de devenir kamikaze en Syrie.

Selon Nicolas Hénin, consultant jihadisme de BFMTV, le terroriste fréquentait aussi un centre islamique radical, tenu par un certain Marcus Robertson, un homme "au profil sulfureux et connu pour ses prêches homophobes". "On a deux connexions qui peuvent relier Omar Mateen à la mouvance jihadiste", conclut Nicolas Hénin. 

Une personnalité violente et homophobe

Agent de sécurité depuis neuf ans dans la même compagnie, un ancien collègue l'a décrit sur la chaîne américaine NBC comme un homme "raciste et toxique". "Il avait des soucis pour contrôler sa colère, il s’énervait souvent sur les femmes, les races ou les religions", ajoute-t-il.

A propos des femmes, l'ancien collègue poursuit: "Il n’aimait pas du tout les femmes, il les aimait dans un sens sexuel mais il ne les respectait pas". Son ex-femme a d’ailleurs affirmé qu’il la battait :

"Quelques mois après notre mariage j’ai vu son instabilité, il était bipolaire. Il a commencé à abuser de moi, souvent. Il ne m’autorisait pas à parler à ma famille, il était mentalement instable".

En visant le "Pulse", Omar Mateen a aussi visé la communauté gay. D’après son père, il s'était récemment mis "très en colère" après avoir vu deux hommes qui s’embrassaient "devant son fils", dans les rues de Miami. 

Son père n'avait "rien remarqué de différent"

Père d’un garçon de 3 ans, Omar Mateen est décrit comme "très respectueux" des Etats-Unis, par un ami de la famille. L’imam de la mosquée qu’il fréquentait évoque "un homme discret" et assidu, qui venait prier plusieurs fois par semaine.

Son père, Seddique Mir Mateen, a affirmé à NBC ne pas comprendre les motivations de cet acte. Quelques temps avant l'attaque, il n'avait "rien remarqué de différent" dans le comportement de son fils. 

"Je ne sais pas ce qui l'a poussé à faire ça. Il avait assez d'attention de la famille, une bonne éducation, un bon travail, je suis autant choqué que vous".

Peu avant de tirer sur la foule des clients de la boîte de nuit, Omar Mateen avait fait allégeance à Daesh en contactant le 911, le numéro d'appel d'urgence de la police aux Etats-Unis. Il a été abattu par le Swat, les forces spéciales américaines, lors d'un assaut lancé pour libérer les otages. Son attaque a été revendiquée par l’organisation jihadiste mais le FBI cherche maintenant à établir un lien direct entre l'homme et le groupe terroriste. 

Mélanie Longuet