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Mort de Chavez: ses alliés rivalisent de superlatifs

Le président vénézuélien Hugo Chavez lors de la campagne présidentielle de 2012

Le président vénézuélien Hugo Chavez lors de la campagne présidentielle de 2012 - -

REACTIONS - Si l'Amérique latine pleure le président vénézuélien, le président américain Barack Obama espère surtout qu'un nouveau chapitre va pouvoir s'écrire avec les Etats-Unis.

"Homme exceptionnel", "courageux et héroïque", "perte irréparable"... Les dirigeants latino-américains rivalisent de superlatifs pour saluer Hugo Chavez, dont la mort a été annoncée mardi soir.

Premier à avoir réagi, le régime communiste cubain a décrété un deuil national de trois jours en hommage à son principal allié politique et économique. "Chavez est aussi Cubain ! Il a senti dans sa chair nos difficultés et nos problèmes et a fait tout ce qu'il a pu, avec une extrême générosité (...) Il a accompagné Fidel (Castro) comme un véritable fils et son amitié avec Raul (Castro) est profonde", a indiqué le gouvernement dans un communiqué intitulé "Hasta siempre, comandante".

L'Amérique latine parle presque d'une seule voix

Le président bolivien Evo Morales, au bord des larmes, s'est dit "anéanti par le décès du frère Hugo Chavez". "Quand les passions s'apaiseront (...), il ne fait aucun doute que le monde entier reconnaîtra la grandeur d'un homme extraordinaire, courageux, plein d'amour et d'héroïsme", a déclaré le président équatorien Rafael Correa, la voix brisée, lors d'une allocution.

Le gouvernement du Nicaragua, également membre comme la Bolivie et l'Equateur de l'Alliance bolivarienne des Amériques (Alba), inspirée par le président vénézuélien, a estimé que "les hommes exceptionnels et formidables comme Hugo Chavez ne meurent jamais".

"Le gouvernement brésilien n'a pas toujours été intégralement d'accord avec le président Chavez mais sa disparition représente une perte irréparable. Il était un ami du Brésil et du peuple brésilien", a pour sa part affirmé la présidente brésilienne, Dilma Rousseff.

Au Chili, le président Sebastian Pinera a notamment souligné le rôle joué par son homologue vénézuélien dans la création de la Celac (Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes), l'entité régionale fondée lors du Sommet de Caracas en décembre 2011 et dont le premier sommet s'est déroulé à Santiago le 28 janvier, en son absence. "Nous avions des différences mais j'ai toujours su apprécier la force, l'engagement avec lequel le président Chavez luttait pour ses idées", a-t-il conclu.

François Hollande évoque sa "volonté de justice"

En France, le président François Hollande a estimé que Hugo Chavez avait "profondément marqué l'histoire de son pays". Il "exprimait au-delà de son tempérament et de ses orientations, que tous ne partageaient pas, une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement".

Invité de BFMTV mercredi matin, François Fillon a évoqué un homme "à la fois truculent, provocateur". "Mais j'ai surtout une pensée pour son peuple parce que c'est un pays qui a régressé sur le plan économique et de la démocratie. J'espère que la transition va se passer correctement et que le Venezuela pourra suivre, non des modèles, mais des exemples comme le Brésil où, là, il y a des dirigeants qui ont véritablement fait avancer la démocratie", a-t-il déclaré.

De son côté, le président du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a opté pour un tweet d'hommage succint:

Ce qu'il est ne meurt jamais.
— Jean-Luc Mélenchon ! (@JLMelenchon) 5 mars 2013

Barack Obama espère de nouvelles relations avec le Venezuela

Le président Barack Obama a affirmé que les Etats-Unis soutenaient les Vénézuéliens après la mort de leur dirigeant, et espéré des "relations constructives" avec le futur gouvernement de ce pays. "Au moment où le Venezuela entame un nouveau chapitre de son histoire, les Etats-Unis continuent à soutenir des politiques qui soutiennent les principes démocratiques, l'Etat de droit et le respect des droits de l'homme", a conclu le dirigeant américain.

Au Congrès américain, des élus républicains se sont en revanche félicités sans état d'âme de cette disparition. "Hugo Chavez était un tyran qui forçait les Vénézuéliens à vivre dans la peur. Sa mort entame l'alliance des dirigeants gauchistes anti-américains en Amérique du Sud", a notamment déclaré Ed Royce, le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants. Pas sûr que le nouveau chapitre souhaité par Obama s'écrive si facilement.

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S. C. avec AFP