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Mondial 2014: le métro de Sao Paulo en grève illimitée

Des bus à l'arrêt lors d'une grève à Sao Paulo, le 21 mai 2014.

Des bus à l'arrêt lors d'une grève à Sao Paulo, le 21 mai 2014. - -

Alors que la capitale économique du Brésil doit accueillir le match d'ouverture de la Coupe du Monde, dans une semaine, les employés du métro se sont mis en grève illimitée, jeudi.

Les employés du métro de Sao Paulo ont entamé jeudi une "grève illimitée", mettant sous forte pression les autorités à une semaine du coup d'envoi du Mondial de football dans la capitale économique brésilienne, d'où était partie la fronde sociale historique de juin 2013. Le métro de Sao Paulo constitue la principale voie d'accès à l'Arena Corinthians, le luxueux stade où sont programmés la cérémonie inaugurale et six des 64 rencontres du Mondial, dont le match d'ouverture Brésil-Croatie le 12 juin.

La grève a été votée après des négociations qui ont échoué pour une hausse de salaire de 16,5%, et touchera quelque 4,5 millions d'usagers dans cette agglomération de 20 millions d'habitants.

Grèves en série

La journée de mercredi a d'ailleurs été marquée par d'autres grèves. Aux abords du stade flambant neuf, quelque 400 policiers militaires (PM) à la retraite ont manifesté pour de meilleures pensions et salaires, et ont été rejoints par 12.000 militants du Mouvement des travailleurs Sans Toit (MTST) qui exigent la construction de logements sociaux, a indiqué la police. Les défilés se faisaient de manière pacifique. "Nous ne lanceront pas une seule pierre sur le stade", ont déclaré des militants du MTST.

Le Brésil fait face à un mécontentement social accru à mesure que s'approche la Coupe du monde (12 juin-13 juillet) qui donne de la visibilité au pays.

Un an après une fronde historique

Il y a un an exactement, Sao Paulo avait donné le coup d'envoi de la fronde sociale historique qui allait ébranler ce gigantesque pays émergent de 200 millions d'habitants en pleine Coupe des confédérations. Des manifestations d'abord limitées d'étudiants paulistes réclamant la gratuité des transports publics et durement réprimées par la police militaire avaient rapidement fait tâche d'huile dans tout le pays.

Des centaines de millions de manifestants brésiliens rejetant toute bannière politique avaient dénoncé, parfois violemment, les 11 milliards de dollars d'argent public dépensés pour l'organisation du Mondial et réclamé des investissement massifs dans les transports publics, la santé ou l'éducation.

A.S. avec AFP