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Brésil: Dilma Rousseff

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La présidente brésilienne a été destituée ce mercredi par un vote du Sénat, au terme d'une longue procédure juridico-politique très controversée. Elle était au pouvoir depuis janvier 2011. Son ancien vice-président, Michel Temer, va lui succéder dans la journée.

L'issue était attendue, elle a été confirmée. La présidente du Brésil Dilma Rousseff a été destituée ce mercredi par les sénateurs brésiliens, qui ont voté l'impeachment contre la dirigeante de 68 ans, au terme d'une procédure juridico-politique hautement controversée. Accusée de maquillage des comptes publics, elle avait été élue en octobre 2010 et était arrivée au pouvoir le 1er janvier 2011. Malgré sa destitution, Dilma Rousseff garde ses droits civiques, et donc le droit d'exercer des fonctions publiques.

61 sénateurs sur 81 en faveur de la destitution

Les 81 parlementaires devaient répondre à la question: "Dilma Rousseff a-t-elle commis un crime de responsabilité?". Les deux tiers des sénateurs (soit 54) devaient voter "oui" pour valider la destitution. Le résultat a été sans appel: 61 d'entre eux ont voté "oui", 20 ont voté "non". 

La session s'était ouverte peu après 11h15 (14h15 GMT) au Sénat, à Brasilia. Le président de la Cour suprême, Richard Lewandowski, qui dirigeait les débats, avait commencé par lire le rapport résumant le procès, avant le vote électronique.

Dans le cadre d'un second vote où une majorité des deux tiers (54) était également requise, 42 sénateurs ont voté pour que Dilma Rousseff conserve ses droits civiques, 30 contre et trois se sont abstenus. La présidente destituée aura donc la possibilité d'exercer d'autres fonctions politiques.

Michel Temer accède à la présidence

L'ex-vice-président de Dilma Rousseff, Michel Temer, qui a précipité sa chute et assuré l'intérim, prend sa suite à la présidence du pays. Tout aussi impopulaire que sa rivale, il prêtera serment au Parlement à 19 heures GMT (21h, heure de Paris), lors d'une très brève cérémonie, avant de s'envoler vers la Chine pour participer à un sommet du G20, où il tentera de redorer le blason terni du Brésil.

Lundi, Dilma Rousseff avait fait une grande démonstration de combativité en venant assurer elle-même sa défense au Sénat, avant de répondre, patiemment et calmement, pendant plus de 14 heures aux questions des parlementaires. Elle avait alors dénoncé un "coup d'Etat contre la Constitution", et avait assuré n'avoir "commis aucun crime". 

La destitution de Dilma Rousseff met fin à 13 ans de gouvernements de gauche dans le plus grand pays d'Amérique Latine, initiés en 2003 par Luiz Inacio Lula da Silva. Le verdict est tombé au sixième jour d'un procès marathon, de dizaines d'heures de débats techniques et passionnés où le droit de la défense et la Constitution auront été scrupuleusement respectés sur la forme, sans forcément convaincre de la culpabilité de Dilma Rousseff au plan strictement juridique.

A.S.