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Ambassade américaine à Jérusalem: Trump semble reculer

Le président américain Donald Trump, le 13 février 2017 à La Maison Blanche, à Washington

Le président américain Donald Trump, le 13 février 2017 à La Maison Blanche, à Washington - MANDEL NGAN, AFP

Promesse de campagne de Donald Trump, le projet de déménagement de l'ambassade des États-Unis en Israël, de Tel-Aviv à Jérusalem semble capoter.

Un casus belli pour les Palestiniens, un sujet secondaire pour Israël: le transfert de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem pourrait être remis aux calendes grecques par le président Trump, qui en avait pourtant fait une promesse de campagne.

Juste avant de recevoir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mercredi à la Maison Blanche, Donald Trump avait déjà semblé reculer: vendredi, il affirmait au quotidien israélien Israel Hayom qu'il réfléchissait "très sérieusement" à déplacer la chancellerie américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, mais que cette décision, "pas facile", n'était pas encore prise.

Le futur ambassadeur pro-colonies, pro-annexion

Rompant avec la position historique des Etats-Unis, le candidat Trump avait pourtant promis de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et d'y installer l'ambassade, au grand dam des Palestiniens et de la majeure partie de la communauté internationale.

Une fois élu, le 45ème président des Etats-Unis avait enfoncé le clou en nommant en décembre comme prochain ambassadeur en Israël un avocat américain juif, David Friedman, partisan de la colonisation et de l'annexion par Israël de parties de la Cisjordanie occupée.

David Friedman, honni par des associations d'Américains juifs et qui doit être auditionné jeudi par le Sénat en vue d'être éventuellement confirmé à son poste, avait proclamé sa "hâte de travailler depuis l'ambassade américaine dans la capitale éternelle d'Israël, Jérusalem".

"L'ambassade des États-Unis doit se trouver à Jérusalem"

L'Etat hébreu considère l'ensemble de Jérusalem, y compris la partie orientale conquise et annexée en 1967, comme sa capitale indivisible. Quelque 200.000 Israéliens se sont installés dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est. Les Palestiniens, qui représentent environ un tiers de la population de la ville, veulent quant à eux faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

Officiellement, Benjamin Netanyahu continue d'affirmer que Jérusalem "réunifiée", c'est-à-dire comprenant Jérusalem-Est annexée, est la "capitale éternelle d'Israël". "L'ambassade des Etats-Unis doit se trouver ici à Jérusalem" et non à Tel-Aviv, avait-il martelé fin janvier.

L'ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv, le 20 janvier 2017 en Israël
L'ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv, le 20 janvier 2017 en Israël © JACK GUEZ, AFP/Archives

Mais officieusement, le transfert de l'ambassade ne semble pas être la priorité des priorités du Premier ministre israélien. Experts et commentateurs en Israël et aux Etats-Unis pensent plutôt qu'un feu vert, même tacite, du nouveau président américain à la poursuite de la colonisation en Cisjordanie est bien plus important dans l'immédiat.

"Risque d'explosion"

D'après le New York Times de lundi, M. Trump a d'ores et déjà reculé sur l'ambassade, M. Netanyahu ayant fait savoir qu'une décision aussi lourde en symboles, avec la réaction qu'elle provoquerait chez les Palestiniens et dans les pays arabes, n'était pas la priorité numéro un.

L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a en effet menacé la semaine dernière de "révoquer la reconnaissance de l'Etat d'Israël le jour même" de l'éventuel transfert de la chancellerie. Et avant de quitter la tête de la diplomatie américaine fin janvier, John Kerry avait prévenu d'un risque d' "explosion absolue" au Proche-Orient.

De fait, reconnaît Jonathan Schanzer, vice-président du centre de recherche conservateur Foundation for Defense of Democracies, si "les Israéliens sont évidemment favorables" à une ambassade américaine à Jérusalem, "ils veulent avancer lentement" afin de privilégier leur "premier objectif, le soutien des Etats-Unis à la sécurité" de l'Etat hébreu.

Un compromis symbolique ?

Son collègue Robert Satloff, analyste au Washington Institute for Near East Policy et partisan du déplacement de l'ambassade, pense également que Donald Trump temporise. "Le calendrier du déménagement est crucial: si le président s'engage à le mettre en oeuvre, il doit le faire rapidement, dans les prochaines semaines", presse-t-il.

Mais dès le lendemain de l'investiture du président Trump, la Maison Blanche avait exclu toute annonce précipitée sur le sujet.

Un des compromis évoqués par des diplomates à Washington serait plutôt d'installer symboliquement le bureau du prochain ambassadeur des Etats-Unis au consulat américain de Jérusalem-Ouest, tout en conservant l'ambassade à Tel-Aviv.

G.D. avec AFP