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Mali : la France multiplie les offensives au sol et prépare la suite

Une trentaine de véhicules blindés français ont quitté l'aéroport de Bamako où ils étaient basés, faisant route vers le nord du Mali.

Une trentaine de véhicules blindés français ont quitté l'aéroport de Bamako où ils étaient basés, faisant route vers le nord du Mali. - -

Avec 1.700 soldats engagés dans l'opération "Serval", la France vise le rétablissement de la sécurité au Mali. Bilan de la cinquième journée d'une opération jugée "satisfaisante" par l'exécutif.

Quelque 1700 soldats français sont engagés dans l’opération "Serval", dont 800 sur place au Mali, au cinquième jour de l’intervention militaire française. Objectif : combattre les forces jihadistes et restaurer l’intégrité territoriale du pays, en attendant l'envoi des forces africaines prévu la semaine prochaine.

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Mardi, la France a obtenu un soutien massif de la communauté internationale. Outre le Conseil de sécurité de l’Onu, qui a transmis son soutien à l’issue de consultations à huis clos, même l’Algérie et le Maroc se sont ralliés à la position française. Bilan de cette cinquième journée.

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Les forces africaines attendues

Interrogé sur le dossier malien à Dubaï, le président de la République François Hollande a précisé que la France n’a pas "vocation à rester au Mali". "Nous avons en revanche un objectif, c’est de faire en sorte que lorsque nous partirons, il y ait une sécurité au Mali, des autorités légitimes, un processus électoral et plus de terrorisme qui menace l’intégrité du pays", insiste de le chef de l’Etat.

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Jean-Marc Ayrault a d’ailleurs annoncé à l’Assemblée nationale que les forces africaines se déploieront d’ici une semaine sur le terrain. "Plusieurs pays africains ont confirmé la mise à disposition de premiers contingents", a fait valoir le Premier ministre.

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Hommage aux soldats français tués

Le Sénat a observé une minute de silence à l’appel de son président PS, Jean-Pierre Bel à la mémoire des militaires tués au Mali et en Somalie (le lieutenant Damien Boiteux tué vendredi au Mali et le soldat tué lors de l’opération échouée en Somalie pour libérer l’otage Denis Allex, membre de la DEGSE et présumé mort).

Dans l’après-midi, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a rendu hommage pendant une trentaine de minutes aux Invalides à Damien Boiteux.
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Konna aux islamistes, Gao sans Internet

Dans un point presse mardi soir, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonce que la ville stratégique de Konna, située dans le centre du Mali, est toujours entre les mains des islamistes. "Sur le fuseau Est, nous avons pu stopper l’offensive et les moyens des groupes terroristes, qui se sont répartis entre Douentza et Gao, et à cette heure, la ville de Konna n’a pas encore été reprise par les forces armées maliennes", explique le ministre de la Défense.

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A Gao, les affrontements ont continué. L’ONG Action contre la Faim (ACF) a annoncé la suspension de ses programmes dans la région pour des raisons de sécurité, tandis que le quotidien Mali Jet indique une coupure des réseaux Orange et Malitel. Les dirigeants du Mujao auraient détruit les installations des opérateurs de téléphonies.

Reprise imminente de Diabali ?

Des centaines de soldats maliens et français sont partis en fin d’après-midi vers la ville de Diabali, une localité de l’ouest prise la veille par les rebelles armés. Elle a été bombardée dans la nuit de lundi à mardi par l’aviation française.

En parallèle, une trentaine de véhicules blindés français ont quitté l'aéroport de Bamako où ils étaient basés, faisant route vers le nord du Mali. La destination est pour l'heure inconnue. Ces déplacements constituent le premier engagement au sol des soldats français.

Laure Beaudonnet avec AFP