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Egypte: une journée sans heurts, mais beaucoup d'inquiétude pour la démocratie

Les Egyptiens ont fêté toute la journée de jeudi le renversement de Mohamed Morsi.

Les Egyptiens ont fêté toute la journée de jeudi le renversement de Mohamed Morsi. - -

Le retour de l'armée en juge de paix de la vie politique égyptienne suscite des commentaires prudents de la part de la communauté internationale. Jeudi, l'ambiance a été festive place Tahrir au Caire, mais cela pourrait ne pas durer.

Les derniers jours ont été riches en rebondissements, souvent dramatiques, en Egypte alors que le pays est en proie à une grave crise politique. Jeudi, la journée n'a pas été ponctuée de violences comme les précédentes. Mais l'appel à manifester des Frères musulmans, dont est issu le président déchu Mohamed Morsi, fait craindre un vendredi à haut risque.

Dans un communiqué tardif, l'armée appelait à l'"unité" et la "réconciliation". Retour sur les évenements du jour.

> Le Guide suprême des Frères musulmans arrêté

La police militaire égyptienne a arrêté Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères musulmans égyptiens, mouvement dont est issu le président Mohamed Morsi renversé mercredi par l'armée, a annoncé jeudi une source au sein des services de sécurité.

Mohamed Badie "a été arrêté à Marsa Matrouh (nord-ouest) à la demande du parquet pour incitation au meurtre de manifestants".

Par ailleurs, une source judiciaire a indiqué que le parquet entamerait lundi les auditions de plusieurs dirigeants du mouvement islamiste, dont Mohamed Morsi, pour "insultes à l'institution judiciaire", alors que l'ex-dirigeant, retenu, est également sous le coup d'une interdiction de quitter le territoire.

Jeudi matin, le juge Adly Mansour a prêté serment et remplace officiellement Mohamed Morsi jusqu'à la tenue de nouvelles élections.

> Les Frères musulmans appellent à une grande manifestation

Les opposants au président ont laissé éclater leur joie, toute la journée, notamment place Tahrir au Caire.

Mais les pro-Morsi ne baissent pas les bras. Ils se sont rassemblés à plusieurs endroits du Caire, ce jeudi, pour faire entendre leur colère après le renversement du président islamiste. A l'approche de la manifestation de vendredi, les Frères musulmans appellent à la "vengeance".

> La communauté internationale inquiète

La communauté internationale, dans l'embarras, a appelé jeudi à un retour rapide au processus démocratique en Egypte après le renversement du président Mohamed Morsi par l'armée, mais paraissait prête à travailler avec le nouveau pouvoir.

Aucune grande puissance occidentale n'a prononcé le terme de "coup d'Etat" contre le dirigeant islamiste élu démocratiquement il y a un an, un événement que les démocraties seraient contraintes de condamner.

De Tunisie, où il fait une visite officielle, le président français François Hollande a aussi fermement appelé à "tout faire" pour relancer le processus démocratique. "Nous devons tout faire pour que (le processus) puisse reprendre sur la base du pluralisme et du rassemblement", a-t-il déclaré.

Washington a ordonné l'évacuation de son ambassade au Caire. La diplomatie américaine a aussi demandé jeudi soir aux autorités égyptiennes de ne pas "détenir arbitrairement" Mohamed Morsi.

La presse israëlienne exprime aussi ce jeudi son inquiétude de voir une déstabilisation de la région toute entière.

> 47 morts depuis le début des heurts entre pro et anti-Morsi

Selon un décompte établi la nuit dernière, 47 personnes ont péri en Egypte dans les heurts entre opposants et partisans du président déchu Mohamed Morsi, depuis le 26 juin. En outre, une centaine d’agressions sexuelles ont été recensées sur la place Tahrir et ses environs au Caire.

David Namias avec AFP et François-Xavier Ménage