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Egypte: Morsi face à l'ultimatum de l'armée

Mohamed Morsi, le président egyptien, en décembre 2012.

Mohamed Morsi, le président egyptien, en décembre 2012. - -

L'armée a officiellement apporté son soutien aux manifestants, ce lundi, en lançant un ultimatum de 48 heures au président Mohamed Morsi pour "satisfaire les demandes du peuple". Au Caire, la mobilisation ne faiblit pas, place Tahrir.

Mohamed Morsi au pied du mur. Au lendemain des manifestations massives en Egypte, et notamment au Caire, au cours desquelles des millions d'Egyptiens ont réclamé la démission du président islamiste, ce dernier se retrouve confronté à un ultimatum lancé par l'armée -qui a pris position pour le mouvement d'opposition- ce lundi.

> 48 heures pour résoudre la crise

Dans un message lu à la télévision, l'armée égyptienne a lancé un ultimatum de 48 heures au président Mohamed Morsi pour "satisfaire les demandes du peuple".

"Si les revendications du peuple ne sont pas satisfaites durant cette période, (les forces armées) annonceront une feuille de route et des mesures pour superviser sa mise en oeuvre", a prévenu le commandement militaire.

> Un soutien de l'armée au peuple

Cette déclaration de l'armée, qui affiche ainsi son soutien au mouvement d'opposition, a provoqué une explosion de joie place Tahrir, où de nombreux manifestants se sont encore rassemblés ce lundi. Selon eux, les militaires poussent ainsi le chef de l'Etat vers la sortie, comme ils le réclament.

De son côté, le mouvement Tamarrod ("rébellion", en arabe), à l'origine des manifestations de dimanche, estime que "l'armée s'est rangée au côté du peuple".

Les Frères musulmans, la formation dont est issu Mohamed Morsi ont, pour leur part, indiqué qu'ils "étudiaient" la déclaration des militaires.

> Quatre ministres démissionnent

Suite aux manifestations massives de la veille, quatre ministres du gouvernement de Mohamed Morsi ont présenté leur démission, ce lundi.

Les ministres du Tourisme, de l'Environnement, des Communications, et des Affaires juridiques et parlementaires ont ainsi remis ensemble leurs lettres de démission au Premier ministre Hicham Qandil.

> Seize morts dimanche

Au total, seize personnes ont trouvé la mort dans tout le pays, dimanche, en marge des manifestations, dont huit dans les affrontements entre pro et anti-Morsi au Caire, a indiqué le ministère de la Santé, ce lundi.

La grande institution islamique Al-Azhar, basée au Caire, a indiqué craindre un "nouveau bain de sang", en particulier après "l'arrestation de passeurs d'armes qui semblent avoir infiltré les rassemblements pacifiques".

L'armée et la police sont déployées dans le pays pour éviter des dérapages graves, notamment autour des établissements vitaux.

> Le siège des Frères musulmans attaqué

Le siège des Frères musulmans au Caire a été en partie incendié dans la nuit de dimanche à lundi dans le quartier du Moqattam, avant d'être occupé et pillé lundi matin.

Certains assaillants jetaient des objets par les fenêtres, tandis que d'autres emportaient des casques, des gilets pare-balles, des postes de télévision, des meubles et des documents. "Les Frères musulmans ont ruiné le pays, et les dévaliser est donc justifié", a justifié un manifestant.

Après avoir récolté 22 millions de signatures pour une pétition réclamant le départ du président, le mouvement Tamarrod a posé quant à lui un ultimatum de 24 heures à Mohamed Morsi, qu'il accuse de dérive autoritaire.

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A.S. avec AFP