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Egypte: la justice interdit les "activités" des Frères musulmans

Des partisans de l'ancien président Mohamed Morsi manifestent à Alexandrie le 20 septembre 2013.

Des partisans de l'ancien président Mohamed Morsi manifestent à Alexandrie le 20 septembre 2013. - -

La justice égyptienne a interdit les "activités" des Frères musulmans et ordonné la confiscation de ses biens. L'organisation islamiste refuse cette décision et promet de "rester sur le terrain".

La justice égyptienne a interdit lundi les "activités" des Frères musulmans, selon la télévision d'Etat. Dans la foulée, elle a également ordonné la confiscation des biens de l'influente confrérie dont est issu Mohamed Morsi, le président islamiste destitué par l'armée début juillet.

L'interdiction des "activités" prononcée lundi s'applique à la confrérie (qui n'a aucune existence juridique) ainsi qu'à l'Association des Frères musulmans, une ONG créée sous la présidence Morsi et accusée de servir de façade aux Frères. Elle concerne aussi "toute organisation qui en émane ou est financée par eux". L'Alliance contre le coup d'Etat, l'organisation pro-Morsi qui anime la contestation contre les nouvelles autorités, pourrait également être visée par la justice.

"La dissolution n'affectera pas notre organisation"

Les Frères musulmans égyptiens ont qualifié ce jugement de "politique" et le considèrent "entaché de corruption". Ils ont donc promis de rester "présents sur le terrain". La confrérie a également réagi sur son compte Twitter officiel: "[Nous] (…) resterons, peu importe comment les régimes fascistes essaient de [nous] éliminer, la dissolution n’affectera pas notre organisation."

Muslim Brotherhood remained & will remain, no matter how fascist regimes try to eliminate them, dissolution will not affect the organization
— Ikhwanweb (@Ikhwanweb) September 23, 2013

Les Frères musulmans avaient remporté fin 2011 les élections législatives en Egypte. Depuis la destitution du président et son arrestation, les nouvelles autorités installées par l'armée répriment dans le sang les manifestations des partisans de Mohamed Morsi. Ils ont aussi arrêté les principaux dirigeants de la confrérie.

Il y a une semaine, un tribunal gelait les avoirs de ces derniers, dont la plupart sont derrière les barreaux et actuellement jugés pour "incitation au meurtre" ou "meurtre" de manifestants anti-Morsi.

Une répression particulièrement dure

L'implacable répression visant les Frères musulmans et les partisans de Mohamed Morsi avait connu son paroxysme le 14 août, lorsque l'armée et la police avaient détruit deux campements où des milliers d'islamistes réclamaient le retour au pouvoir du premier président élu démocratiquement du pays.

Dans ces violences et durant la semaine qui a suivi, plus d'un millier de personnes ont péri, en grande majorité des manifestants pro-Morsi. Plus de 2.000 islamistes ont également été arrêtés.

V.D. et M.K. avec AFP