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Atangana de retour en France: "un choc que vous ne pouvez pas imaginer"

Michel Atangana à son arrivée à l'aéroport de Roissy, le 28 février 2014.

Michel Atangana à son arrivée à l'aéroport de Roissy, le 28 février 2014. - -

Michel Atangana, qui a passé 17 ans en prison au Cameroun, a atterri en France ce vendredi. Il s'est dit "extrêmement usé".

Il a passé pas moins de 17 ans en prison, "en isolement", au Cameroun. Michel Thierry Atangana a finalement retrouvé sa famille vendredi matin à l'aéroport parisien de Roissy.

"Je suis extrêmement usé. Le choc est un choc que vous ne pouvez pas imaginer", a déclaré le Français d'origine camerounaise, âgé de 49 ans, après avoir retrouvé notamment ses deux fils, 19 et 23 ans, et les membres de son comité de soutien.

Les traits tirés et visiblement ému, cet homme grand, costume bleu nuit et chemise blanche, a précisé qu'il avait passé toutes ces années "en cellule, en isolement". "Je dois me retrouver intérieurement pour m'exprimer en homme libre", a-t-il ajouté, exprimant sa gratitude envers l'Etat francais et son émotion de revoir ses enfants. "Je veux juste dire merci ce matin".

Son fils l'a "quasiment vu pour la première fois"

"Il était à l'isolement dans une pièce qui était trop petite pour lui. Il ne pouvait pas se tenir debout, au sens propre comme au sens figuré. Et ce calvaire a duré 17 ans", a précisé à la presse l'un de ses avocats Me Eric Dupond-Moretti.

"Je l'ai quasiment vu pour la première fois de ma vie aujourd'hui", a confié à la presse son fils Eric, 23 ans, qui avait 6 ans quand son père a été emprisonné.

Michel Atangana "va se rendre (à l'hôpital) du Val-de-Grâce pour quelques examens médicaux" dans la journée, a précisé la ministre déléguée aux Français de l'étranger Hélène Conway-Mouret, qui a salué "un homme courageux, qui a vécu des conditions de détention difficiles".

Il avait quitté Yaoundé jeudi soir, trois jours après sa remise en liberté à la suite d'un décret signé le 18 février par le président Paul Biya. Il était incarcéré depuis 1997 pour des détournements de fonds publics qu'il a toujours niés.

A. D. avec AFP