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Cameroun: Michel Antagana, Français détenu depuis 1997, va être libéré

Le président du Cameroun Paul Biya, le 19 avri 2013

Le président du Cameroun Paul Biya, le 19 avri 2013 - -

A 49 ans, Michel Atangana a passé 17 ans en prison au Cameroun, accusé de détournements de fonds publics.

Il sera libre "d'une minute à l'autre" ou "d'ici 48 heures" espèrent ses soutiens. Emprisonné au Cameroun depuis 1997 pour des malversations qu'il conteste, le Français Michel Atangana va être libéré, ont annoncé mercredi à l'AFP ses avocats, qui dénoncent depuis des années son sort kafkaïen.

Ce Français d'origine camerounaise bénéficie d'un décret du président camerounais, Paul Biya, prévoyant des commutations et remises de peine collectives. Selon l'un des avocats, Me Eric Dupond-Moretti, ce décret daté du 18 février "ordonne une remise totale de la peine restant à purger" pour les personnes condamnées pour détournement de fonds publics et "dont la détention a été supérieure à 10 ans". Une décision qui s'appliquerait de fait "à notre compatriote", a souligné l'avocat.

"Nous avons entrepris des démarches auprès du ministre de la Justice Laurent Esso pour sa libération. Nous avons bon espoir qu'elles aboutissent le plus vite possible, peut-être dans 48 heures", a déclaré de son côté Me Charles Tchoungang, l'un des défenseurs camerounais de Michel Atangana.

Le Cameroun ne confirme pas

Mais pour l'instant, aucune source gouvernementale camerounaise n'a confirmé cette remise en liberté. Elle mettrait fin à un long combat pour ce prisonnier de 49 ans qui a toujours nié les détournements de fonds publics dont on l'accuse au Cameroun. L'affaire avait pris une tournure diplomatique, le président français François Hollande dénonçant en mai 2013 une durée de détention "inadmissible".

Quelques mois plus tard, le Haut Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU demandait aussi sa libération. "Paul Biya ne pouvait pas rester éternellement indifférent à ces appels", a commenté l'un des avocats, Me Dominique Tricaud, qui avait saisi l'agence onusienne.

M. T. avec AFP