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Afghanistan: les talibans mettent fin à la trêve partielle avec le gouvernement

Des talibans célèbrent "leur victoire" contre les États-Unis, le 2 mars 2020.

Des talibans célèbrent "leur victoire" contre les États-Unis, le 2 mars 2020. - Noorullah Shirzada - AFP

Deux jours après la signature d'un accord de paix historique avec les États-Unis, les talibans annoncent ce lundi la reprise des hostilités avec les forces gouvernementales afghanes.

L'accalmie a été de courte durée en Afghanistan. Les talibans ont annoncé ce lundi mettre un terme à la trêve partielle, instaurée le 22 février, et reprendre leur offensive contre les forces de sécurité afghanes.

La période de réduction des violences, qui aura duré neuf jours, "a pris fin et nos opérations vont revenir à la normale", a déclaré Zabihullah Mujahid, le porte-parole des insurgés talibans.

Un accord de paix avec les États-Unis 

Il y a deux jours, les talibans ont signé un accord de paix historique avec les Etats-Unis. Les forces américaines ne seront donc pas concernées pas les offensives à venir.

"Conformément à l'accord, nos moudjahidines n'attaqueront pas les forces étrangères, mais nos opérations continueront contre les forces du gouvernement de Kaboul", a-t-il poursuivi. 

En vertu de l'accord signé à Doha, les Américains et leurs alliés s'engagent à retirer toutes leurs troupes d'Afghanistan sous 14 mois. À condition que les rebelles respectent les termes de l'accord, dont l'ouverture de discussions entre les insurgés et Kaboul visant à mettre en place une paix durable. Depuis la signature de l'accord, les talibans ont été vus célébrer en public une "victoire" contre les Etats-Unis.

Le gouvernement afghan tenu à l'écart

Le président afghan Ashraf Ghani avait quant à lui annoncé ce dimanche la prolongation de la trêve partielle au moins jusqu'au début des discussions inter-afghanes, prévu pour le 10 mars, et "ce pour but d'atteindre un cessez-le-feu complet".

Mais il avait également rejeté l'un des principaux points de l'accord signé par Washington et les insurgés talibans, à savoir la libération de 5000 prisonniers talibans en échange de celle de 1000 membres des forces afghanes détenus par les rebelles. Depuis le début des négociations, le gouvernement afghan a été tenu à l'écart par les deux parties.

Cette mesure est "un prérequis pour les discussions inter-afghanes", a toutefois rappelé Zabihullah Mujahid, illustrant les difficultés à venir pour que Kaboul et les talibans parviennent à un compromis.

Un premier attentat non revendiqué

Dans la province de Badghis, dans nord-ouest du pays, "les talibans ont commencé à attaquer les positions de l'armée. (...) Un soldat a été tué et un autre blessé", a rapporté un haut gradé.

"Nous attendons des talibans qu'ils soient sérieux en ce qui concerne leurs obligations", a réagi le Général américain Austin Scott Miller, soulignant que "Les Etats-Unis ont été très clairs sur leurs attentes. Le niveau de violence doit demeurer bas". 

Un attentat, non revendiqué, a été rapporté au même moment. L'explosion d'une moto piégée durant un match de football a tué au moins trois civils et en a blessé onze autres, a déclaré Sayed Ahmad Babazai, le chef de la police de la province de Khost, dans l'Est. Trois frères ont été tués, a indiqué Abdul Fatah Wakman, le président de la fédération de football de Khost.

Cet attentat intervient après neuf jours de trêve partielle, durant lesquels le nombre d'attaques s'était effondré en Afghanistan, à la grande satisfaction de la population, qui avait enfin pu respirer après quatre décennies de conflit.

C. S. avec AFP