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Afflux massif de migrants: comment l'Europe se mobilise-t-elle?

Des réfugiés syriens arrivent à Munich, en Allemagne, le 7 septembre 2015.

Des réfugiés syriens arrivent à Munich, en Allemagne, le 7 septembre 2015. - Christof Stache - AFP

Après un nombre record d'arrivées en Europe ce week-end, les principaux pays concernés par la crise des réfugiés se mobilisent. BFMTV.com fait le point.

La photo du petit Aylan a fait basculer l'opinion publique: l'Europe, critiquée pour son inaction, semble désormais mobilisée sur la situation dramatique des migrants qui fuient l'Irak et la Syrie, pays rongés par la guerre.

Mercredi prochain, la Commission européenne va proposer au Parlement européen de répartir l'accueil de 120.000 réfugiés sur les deux prochaines années. L'Allemagne (26,2%, soit 31.443 réfugiés), la France (20%, soit 24.031 réfugiés) et l'Espagne (12,4%, soit 14.931 réfugiés) devraient accueillir la plus grande proportion de réfugiés. BFMTV.com fait le point.

France: un millier de réfugiés dans les prochaines semaines

François Hollande a annoncé lundi que la France était prête à accueillir 24.000 personnes en deux ans. Jusqu'à présent, le pays avait pris un engagement de principe pour l'accueil de 9.000 réfugiés. Mais "c'est le devoir de la France, où le droit d'asile fait partie intégrante de son âme, de sa chair", a indiqué le chef de l'Etat.

Le président a aussi annoncé, au nom "du principe de solidarité", qu'il était "prêt à accueillir", dans les prochaines semaines, "plusieurs centaines voire un millier" de réfugiés fraîchement arrivés en Allemagne.

Allemagne: le pays fer de lance de l'accueil des migrants

Destination privilégiée des migrants qui affluent du Moyen-Orient, d'Afrique ou d'Afghanistan, l'Allemagne s'apprête au total à accueillir cette année quelque 800.000 demandeurs d'asile. La chancelière Angela Merkel a détaillé un programme fédéral de six milliards d'euros pour 2016, qui vise à améliorer la prise en charge et l'intégration des migrants.

Derrière cette vague de générosité qui traverse le pays, le gouvernement n'en a pas moins entrepris de durcir les règles pour freiner l'afflux des migrants originaires de pays considérés comme sûrs, à commencer par les Balkans.

Espagne: changement de cap avec un accueil massif à venir

L'Espagne devrait accueillir en urgence un peu plus de 14.000 réfugiés. "Le nombre de migrants que nous devrons intégrer est encore en discussion", a cependant précisé lundi le Premier ministre Mariano Rajoy. Le gouvernement conservateur avait refusé tout d'abord d'aller au-delà de l'engagement initial de 2.700 réfugiés, avançant notamment des raisons économiques.

Madrid a cependant semblé infléchir cette position, à la suite notamment de la mobilisation de ses citoyens sur les réseaux sociaux, et de plusieurs villes gouvernées par la gauche dont Madrid et Barcelone.

Royaume-Uni: pas de quotas, mais des promesses d'accueil

Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé lundi que son pays était prêt à accueillir "20.000" réfugiés syriens au cours des cinq prochaines années. La Grande-Bretagne a déjà accepté sur son sol 216 réfugiés syriens en un an, et quelque 4.000 Syriens y ont obtenu le droit d'asile depuis le début en 2011 de la guerre civile, nettement moins que dans des pays comme l'Allemagne, la Suède et la France.

La Grande-Bretagne a choisi de ne pas participer à un système de quotas pour prendre en charge les réfugiés dans l'Union européenne, malgré les demandes pressantes de cette dernière d'une répartition plus équitable.

Grèce: les arrivées en mer ne tarissent pas

Le flux des arrivées de migrants en route vers la Macédoine, la Serbie et plus au nord, en Hongrie, porte de l'Union européenne, ne tarit pas. "Entre 15.000 à 17.000 réfugiés" se pressent actuellement sur l'île de Lesbos, ce qui représente un cinquième de la population totale de l'île, a indiqué un ministre. La Grèce a enregistré depuis janvier 230.000 entrées par voie maritime.

Les autorités grecques ont pris dimanche une série de mesures d'urgence pour accélérer le transfert des déplacés vers Athènes et faciliter leur prise en charge. Elles ont aussi mis l'armée à contribution pour la fourniture de nourriture et l'aménagement de sites d'accueil.

Alexandra Gonzalez