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75 ans du Débarquement: vétérans acclamés et Chant des Partisans, les temps forts de la cérémonie de Portsmouth

Le premier jour des cérémonies d'hommage aux héros du débarquement en Normandie a été marqué par les discours de plusieurs chefs d'État, qui ont lu des textes de soldats ou résistants ayant participé au conflit.

Justin Trudeau, Theresa May, Donald Trump, Emmanuel Macron, la reine Elizabeth II et 300 vétérans étaient réunis ce mercredi à Portsmouth au Royaume-Uni, pour lancer les deux jours de célébrations du 75e anniversaire du Débarquement du 6 juin 1944.

Des lettres de soldats et résistants de la Seconde Guerre Mondiale ont notamment été lues sur scène, moment entrecoupés de danses et de chants, afin de rendre hommage aux personnes engagées dans ce conflit.

  • Les vétérans applaudis

Les célébrations, qui se poursuivront jeudi en France, ont commencé avec la projection sur un écran géant d'images du "D-Day" montrant ces soldats qui, au péril de leur vie, débarquèrent sur les plages de Normandie.

Une dizaine de vétérans sont ensuite montés sur scène, parfois appuyés sur une canne, avant d'être salués par une ovation debout du public et de représentants ou dirigeants de 16 pays.

  • L'histoire d'un colonel par Justin Trudeau

Le Premier ministre canadien a rendu un hommage particulier aux soldats qui se sont battus à Dieppe, et raconté l'histoire héroïque d'un colonel canadien lors du débarquement. Il s'agit du premier soldat canadien à avoir été remercié de la Victoria Cross, distinction suprême de l'armée britannique.

Un demi-million de Canadiens ont été envoyés sur le sol français pendant la Seconde Guerre Mondiale.

  • La lettre d'un soldat américain par Donald Trump

Donald Trump a, lui, lu le texte d'une prière adressée par le président Franklin Roosevelt aux Américains le jour du débarquement, le 6 juin 1944. Derrière lui, un drapeau des États-Unis était projeté, ainsi que le portrait du président Franklin D. Roosevelt.

"Dieu tout-puissant, nos fils, fierté de notre nation, se sont engagés aujourd'hui dans une entreprise gigantesque, dans la lutte pour la préservation de notre république, de notre religion et de notre civilisation et pour libérer une humanité souffrante".
  • La lettre d'Henri Fertet par Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a lu pour sa part la poignante lettre d'adieu d'un jeune résistant, Henri Fertet, fusillé à l'âge de 16 ans. A la suite de 87 jours d'emprisonnement et de torture, il écrivit à ses parents:

"Je meurs pour ma patrie. Je veux une France libre et des Français heureux. (...) Quelle mort sera plus honorable pour moi que celle-là? Adieu, la mort m'appelle, je ne veux ni bandeau ni être attaché."

Après la lecture de la lettre, en français, le baryton britannique Willard White a entonné Le Chant Des Partisans, hymne de la résistance française durant l'occupation de l'Allemagne nazie.

  • Lettre d'un capitaine à sa femme par Theresa May

Il s'agit du dernier grand rendez-vous officiel de Theresa May avant sa démission vendredi. L'encore Première ministre a lu une lettre du capitaine britannique Skinner, écrite à sa femme et ses deux filles deux jours avant les opérations du Débarquement.

"Je suis sûr que quiconque a un peu d'imagination n'aime pas ce qui va venir, mais ce que je crains, c'est plus d'avoir peur que ce qui peut m'arriver", écrit le capitaine. "Bien que je donnerais tout ce que j'ai pour être avec vous, je n'ai pas ressenti l'envie de renoncer à la mission que nous devons accomplir".
  • La clôture de cérémonie par la reine Elisabeth II

"Il y a 75 ans, des centaines de milliers de jeunes soldats, de marins, d'aviateurs, ont débarqué pour défendre la liberté", a déclaré la reine Elizabeth II, à la fin de la cérémonie de Portsmouth.

"L'avenir du monde dépendait d'eux et de leur réussite. Un grand nombre d'entre eux sont morts, ils ont été héroïques, et leur héroïsme, leur courage, le sacrifice de tous ceux qui sont tombés au combat ne seront jamais oubliés", a continué la reine.

Elle a ensuite remercié ces soldats, au nom du Royaume-Uni, mais également "du monde libre".

Salomé Vincendon avec AFP