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Quels pesticides dans l’air? Une campagne de mesures menée dans les Hauts-de-France

Atmo Hauts-de-France a rendu public ce week-end son rapport sur la présence de pesticides dans l'air de la région, après un an de collecte de données.

Plus d'une vingtaine de pesticides recensés dans l'air des Hauts-de-France, dont certains interdits depuis plusieurs années. C'est le résultat d'un an d'enquête menée par Atmo Hauts-de-France dans quatre communes de la région, dont Lille et West-Cappel.

Pendant un an, de juin 2018 à juin 2019, l'organisme chargé de surveiller la qualité de l'air a collecté des échantillons pour connaitre les taux de pesticides présents dans l'air. Plus de 90 substances étaient recherchés au total, mais les chercheurs en ont détecté entre 22 et 35 selon les sites étudiés, avec 20 substances communes aux quatre lieux.

Des produits interdits

Dans son rapport, Atmo Hauts-de-France précise qu'il s'agit de traces d'herbicides dans la grande majorité des cas, tandis que le reste est composé de fongicide et d'insecticide. L'organisme note par ailleurs des différences entre communes urbaines et communes rurales. Pour ces dernières, les concentrations enregistrées sont plus élevées, avec des pics au printemps et en automne.

Par ailleurs, parmi les susbtances retrouvées, dix correspondent à des produits interdits, parfois depuis plusieurs années. C'est notamment le cas du Lindane, interdit dans l'agriculture depuis 1998, qui est détecté dans 100% des échantillons prélevés sur les quatre sites. Sa présence s'explique notamment en raison de sa dégradation lente et sa volatilité.

Malgré ce constat et la forte activité agricole dans la région, les taux de pesticides se situent dans la moyenne nationale. Atmo Hauts-de-France note toutefois que l'impact sur la santé n'est pas connu, alors qu'il n'existe ni seuil, ni normes de référence sur le sujet. L'organisme indique qu'il ne peut donc pas apporter de réponses sur les dangers potentiels de ces produits, devenus de véritables enjeux de santé publique ces dernières années.

Par Théo Dorangeon avec Benjamin Rieth