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Quelles sont les attentes autour de la Convention citoyenne pour le climat?

Emmanuel Macron lors d'une rencontre avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat en janvier 2020.

Emmanuel Macron lors d'une rencontre avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat en janvier 2020. - Yoan Valat

Les 150 citoyens et citoyennes tirés au sort se retrouvent ce week-end pour une dernière session de travail avant de voter des mesures destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

150 propositions par 150 citoyens. Ce vendredi marque le début des discussions autour des pistes proposées par la Convention citoyenne pour le climat. L'instance, crée en 2019 par Emmanuel Macron à la suite du grand débat national en réponse au mouvement des gilets jaunes, doit soumettre dimanche au gouvernement une série de mesures permettant de lutter contre le réchauffement climatique.

Plusieurs groupes de travail ont été créés à cette occasion: se loger, se déplacer, se nourrir, consommer, produire et travailler. Amandine Roggeman, l'une des 150 citoyennes tirée au sort pour travailler depuis neuf mois, a fait part de ses attentes ce vendredi matin sur BFMTV.

"On entre dans une nouvelle phase"

"On espère que ces propositions soient transformées dans les faits", explique celle qui fait partie du groupe "consommer" au sein de la convention.

"Là on entre dans une nouvelle phase. Quand les choses seront votées, on attend qu'elles puissent pour la plupart être mises en oeuvre par l'exécutif mais également par les collectivités", souligne la membre de la convention qui appelle les instances et les citoyens à piocher dans ces mesures et "se les approprier".

Reste que parmi les propositions phares de la convention, certaines font plus débat que d'autres "même au sein des 150 (membres de la convention, ndlr)", à l'instar du passage aux 110 km/h sur les autoroutes à compter de l'année prochaine. "Je ne peux pas m'avancer sur le fait que demain ce sera l'une des mesures phares votées", reconnaît Amandine Roggeman.

D'autres pistes fortes, cette fois à plus long terme, sont envisagées comme la rénovation thermique de tous les bâtiments d'ici 2040 ou encore la réduction de 20% d'ici dix ans de la consommation de viande et de produits laitiers. À cela vient s'ajouter l'idée d'une généralisation d'un score carbone sur tous les biens et services de consommation ou encore sur la régulation de la publicité pour les produits les plus émetteurs de gaz à effet de serre.

Responsabiliser l'État et le citoyen

Des mesures qui pourraient déboucher par exemple sur l'interdiction de publicité pour les véhicules les plus pollueurs et qui permettraient en même temps de responsabiliser davantage les citoyens dans leur choix de consommation. Quitte à dédouaner l'État de toute action politique?

"J'espère que c'est une complémentarité des deux et non pas l'un plus que l'autre", souligne Amandine Roggeman, on n'a pas posé la convention pas dans un rapport de force".

Pour Mathilde Imer, membre du comité de gouvernance de la convention interrogée sur France Inter, celle-ci "dessine un socle minimum qui nous permet de construire une transition écologique à la hauteur des enjeux". La militante écologiste appelle par ailleurs à ne plus voir la question climatique comme "après-demain [...] si on ne fait rien à très court terme on est vraiment mal".

Une inconnue demeure: le nombre de pistes retenues et potentiellement mises en oeuvre par l'exécutif et les collectivités locales. "Ce qui nous préoccupe, c'est le sérieux de la réponse du gouvernement", confie Laurence Tubiana au Figaro alors que l'adoption de certaines mesures par voie référendaire est envisagée par Emmanuel Macron. La coprésidente du comité de gouvernance de la convention espère que ces neufs mois de travail pourront se poursuivre sous une autre forme: "il y a quelque chose à inventer, c'est aussi ça l'héritage de la convention".

Hugues Garnier Journaliste BFMTV