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Les humains ingèrent des dizaines de milliers de particules de plastique par an, selon un rapport

Des déchets plastiques sur les rives de la rivière Jukskei à Johannesburg, le 3 juin 2018.

Des déchets plastiques sur les rives de la rivière Jukskei à Johannesburg, le 3 juin 2018. - Gulshan Khan - AFP

Si les effets des particules de micro-plastique sur la santé restent à préciser, la quantité ingérée par les humains pose question.

Sucre, crustacés, sel, bière, poisson, eau, air... Chaque année, les humains ingèrent et respirent des dizaines de milliers de particules de plastique de par leur consommation et leur mode de vie, révèle une étude publiée ce mercredi

Ces micro-plastiques, venus de la dégradation de produits aussi divers que les vêtements synthétiques, les pneus, les lentilles de contact..., se retrouvent désormais partout sur la planète, sur les plus hauts glaciers comme dans le fond des océans.

Des chercheurs canadiens ont mis en regard des centaines de données, issues de 26 études, sur la contamination par les micro-plastiques, avec le régime moyen et les modes de consommation des Américains.

121.000 particules ingérées par an, pollution de l'air incluse

Si les résultats de ces estimations varient individuellement, selon notamment le lieu et le mode de vie, il apparaît qu'un homme adulte ingère en moyenne jusqu'à 52.000 micro-particules de plastique par an (40.000 pour un enfant). Si l'on prend en compte la pollution de l'air, ce chiffre passe à 121.000.

Quelque 90.000 particules supplémentaires sont à ajouter si l'on consomme uniquement de l'eau en bouteille, ajoute l'étude, parue dans la revue Environmental Science and Technology.

L'impact sur la santé humaine reste à préciser, notent les chercheurs. Pour autant, les particules les plus fines (moins de 130 microns de diamètre) "peuvent potentiellement passer dans des tissus humains (et) générer une réponse immunitaire localisée", ajoutent-ils.

Des effets sur la santé à préciser

Pour Alastair Grant, professeur d'écologie à l'Université d'East Anglia, qui n'a pas participé à ces recherches, rien ne prouve que les particules de plastique pointées dans l'étude posent "un danger significatif à la santé humaine".

Selon lui, il est probable que seule une petite part des éléments inhalés atteignent les poumons, notamment pour des raisons liées à la taille des particules.

Pour les auteurs de l'étude, il faut renforcer la recherche sur la quantité de matière atteignant poumons et estomac, et son impact sur la santé. Et en attendant, "la façon la plus efficace de réduire la consommation humaine de micro-plastiques sera sans doute de réduire la production et le recours aux plastiques", ajoutent-ils.

En avril dernier, la Commission européenne a rappelé que "les preuves (des risques pour la santé et l'environnement des micro-plastiques) sont un motif de réelle inquiétude et nécessitent d'être prudents". 

Liv Audigane avec AFP