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La Malaisie va renvoyer des centaines de tonnes de déchets plastique dans leurs pays d'origine

Photo prise le 18 novembre 2006 d'une pelleteuse circulant dans la décharge à ciel ouvert d'Entressen, dans les Bouches-du-Rhône (Photo di'lllustration).

Photo prise le 18 novembre 2006 d'une pelleteuse circulant dans la décharge à ciel ouvert d'Entressen, dans les Bouches-du-Rhône (Photo di'lllustration). - Anne-Christine Poujoulat-AFP

Refusant de devenir "la décharge du monde", la Malaisie a annoncé ce mardi qu'elle allait retourner des centaines de tonnes de déchets plastiques dans leurs pays d'origine, parmi lesquels la France.

La Malaisie va retourner des centaines de tonnes de déchets plastique à l'envoyeur, et notamment en France et aux États-Unis, affirmant ce mardi qu'elle ne voulait plus servir de décharge pour le monde entier.

Environ 300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF). Et l'essentiel finit dans des décharges ou dans les océans, générant une pollution que la communauté internationale est actuellement incapable de gérer.

"Nous les retournerons sans pitié à leur pays d'origine"

La Chine a longtemps accepté les déchets plastique du monde entier, avant de cesser soudainement l'an passé, citant des préoccupations environnementales. Plusieurs pays d'Asie du Sud-Est qui s'étaient placés sur le créneau laissé vacant par Pékin sont en train de renoncer.

"Nous exhortons les pays développés à cesser d'expédier leurs déchets dans notre pays", a déclaré la ministre malaisienne en charge de l'énergie, de l'environnement et des sciences Yeo Bee Yin. "Nous les retournerons sans pitié à leur pays d'origine", a-t-elle ajouté, après avoir inspecté plusieurs conteneurs remplis de déchets à Port Klang, le port le plus actif du pays.

Des chiffres multipliés par 3 depuis 2016

Les chiffres officiels indiquent que les importations de plastique par la Malaisie ont triplé depuis 2016 à 870.000 tonnes l'an passé. Cet afflux a entraîné une multiplication rapide du nombre d'usines de retraitement, opérant pour beaucoup sans permis et avec peu de considération pour la protection de l'environnement.

Yeo Bee Yin a promis de sévir contre les importations illégales et les usines sans agrément, en qualifiant de "traîtres" les Malaisiens impliqués dans cette activité.

"La Malaisie ne sera pas la décharge du monde", a-t-elle dit. "Nous ne nous laisserons pas intimider par les pays développés."

450 tonnes de déchets plastiques contaminés

Quatorze pays sont concernés par ces retours, parmi lesquels les États-Unis, le Japon, la France, le Canada, l'Australie ou encore la Grande-Bretagne. Par ailleurs, le ministère a indiqué que 450 tonnes de déchets plastiques contaminés présents dans dix conteneurs provenant d'Australie, du Bangladesh, du Canada, de Chine, du Japon, d'Arabie saoudite et des Etats-Unis seraient renvoyées.

"Ces conteneurs sont remplis de déchets plastiques contaminés, destinés à des usines de traitement qui ne possèdent pas la technologie nécessaire pour les recycler d'une manière respectueuse de l'environnement", a dénoncé le ministère.

Les responsables du port ont fait état de défauts dans la déclaration de ces conteneurs, sans dire quand ils seraient réexpédiés.

Le mois dernier, la Malaisie avait renvoyé en Espagne cinq conteneurs de déchets plastique. Yeo Bee Yin a indiqué que 150 usines illégales de recyclage avaient été fermées. On estime à 9% la quantité de plastique produite entre 1950 et 2015 qui a été recyclée.

Jeanne Bulant avec AFP