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Le plan d’action de Paris pour rendre la Seine baignable en 2024

En vue des Jeux olympiques de 2024 pour lesquels Paris est désormais seule en lice, la capitale souhaite assainir la Seine. L'objectif serait de pouvoir organiser des épreuves dans le fleuve mais aussi de permettre aux Parisiens de s'y baigner. Plusieurs axes de travail sont mis en place pour y parvenir.

Avec le retrait de la candidature de Los Angeles pour les Jeux olympiques de 2024, Paris s'est un peu plus rapproché de son rêve olympique. Le CIO devrait officiellement confier l'organisation des JO de 2024 en septembre prochain à Lima mais Paris est déjà au travail.

Si la capitale a misé sur des Jeux reposant sur une majorité d'infrastructures déjà construites, l'un des chantiers majeurs de ces jeux seront l'assainissement de la Seine pour la rendre baignable. Dans son dossier de candidature, Paris a en effet prévu d'organiser plusieurs épreuves dans la Seine, notamment le triathlon dont le départ serait donné au pied de la Tour Eiffel. Un rêve accessible? Si la qualité de l'eau du fleuve s'est considérablement améliorée ses dernières années, des efforts doivent encore être menés.

La pollution bactériologique ciblée

A ce titre, le Comité Seine réunissant les élus de Paris, l'Agence de l'eau, la préfecture de région, la préfecture de police et les services de l'Etat est à l'oeuvre depuis l'année dernière. Un plan d'action doit s'attaquer aux diverses sources de pollution présentes dans la Seine, en particulier les eaux usées à l'origine de pollutions bactériologiques. Premières concernées, les stations d'épuration de toute la région Ile-de-France.

"Jusqu'ici, les objectifs réglementaires n'imposaient pas de traitement des bactéries dites fécales. Dès lors qu'on doit améliorer la qualité du milieu naturel pour rendre possible la baignade, il faut aller bien au-delà pour traiter et abattre cette pollution bactériologique. Et c'est ce que nous allons nous employer à faire pour 2024", souligne Denis Penouel, directeur-adjoint du Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP).

Les stations d'épuration vont dans ce cadre être équipées de filtres ultraviolets pour éliminer les bactéries. Sont visées, les bactéries escherichia coli ou entérocoques responsables de pathologies intestinales.

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Des bassins de stockage d'eau de pluie en sous-sol vont aussi être créés pour éviter les débordements en cas d'intempéries. L'assainissement de la Seine passe aussi par des actions qui concernent les particuliers. Les branchements d'eau de certains pavillons de banlieue seront révisés pour éviter le déversement de leurs eaux sales dans la Seine. Il sera par ailleurs interdit aux péniches de se délester de ces mêmes eaux sales dans le fleuve.

Neuf sites de baignade à l'étude en plein Paris

L'ensemble de ces chantiers pourrait coûter des centaines de millions d'euros. Mais au-delà des Jeux olympiques, ce projet de Seine baignable devrait surtout bénéficier aux Parisiens.

La ville, en lien avec l'Atelier parisien d'urbanisme planche sur neuf sites intramuros qui seraient susceptibles d'accueillir la baignade. Une première étape a d'ores et déjà été franchie cet été avec l'ouverture au public de piscines naturelles sur le bassin de la Villette. En 2019, ce sera au tour du lac Daumesnil de s'ouvrir à la baignade.

Carole Blanchard avec Alexandre Chauveau