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La crise des gilets jaunes était "évitable" selon Nicolas Hulot

L'ancien ministre de la transition écologique a confié ce jeudi soir qu'il ne regrettait pas sa démission du gouvernement en septembre dernier. Sur l'accompagnement de la hausse de la taxe carbone, Nicolas Hulot estime ne pas avoir "été entendu".

Nicolas Hulot ne "regrette pas" d'avoir démissionné de son poste de ministre de la Transition écologique, a-t-il assuré jeudi soir sur France 2, pour son retour médiatique trois mois après son départ du gouvernement

Interrogé sur les gilets jaunes, l'ancien ministre a considéré que la crise était "évitable", regrettant que le gouvernement n'ait pas "entendu" ses propositions pour un meilleur accompagnement social de la transition écologique. 

"Je me suis battu, et notamment les semaines qui ont précédé mon départ, pour qu'on change complètement d'échelle dans l'accompagnement social de la transition énergétique et écologique, avec des propositions concrètes. Je n'ai pas été entendu" a-t-il déploré.

L'ancien ministre soutient de longue date l'augmentation de la fiscalité écologique pour financer la transition écologique et a répété son soutien à l'augmentation de la taxe sur les carburants que dénoncent les "gilets jaunes".

"Il faut un accompagnement social digne de ce nom"

L'ex-ministre de la Transition écologique a aussi assuré "que cette décision [de démissionner, NDLR] a été comprise et que j'ai le sentiment qu'elle a provoqué une forme de sursaut", a-t-il dit. "J'ai vu beaucoup d'initiatives, des gens dire 'on est là, on va prendre le relais'". Il a néanmoins "une tristesse car j'avais beaucoup d'espoir dans cette diversité gouvernementale, je trouvais que c'était un gage de succès".

"On m'a opposé des raisons budgétaires, j'en ai tiré les leçons", a ajouté un Nicolas Hulot qui semblait en colère sur le plateau de l'Emission politique. "J'ai défendu la taxe carbone et je l'assume"a ajouté Nicolas Hulot mais "il faut un accompagnement social digne de ce nom", a-t-il déclaré, soulignant que cet accompagnement était "ce qui a manqué". 

"Je n'avais peut-être pas suffisamment de distance et de détachement pour accepter qu'on y aille à petits pas", a poursuivi l'ex-ministre. Mais "ce qui m'intéresse ce n'est pas ce qu'on n'a pas fait hier, mais ce qu'on peut faire ensemble, aujourd'hui".

Jeanne Bulant