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En moins de 50 ans, le monde a perdu 68% de sa population d'animaux sauvages

Cette disparition s'explique avant tout par la destruction de leurs milieux d'habitat (forêt, savane) ainsi que la surexploitation de la nature par l'homme, souligne WWF dans un rapport publié ce jeudi.

Le monde a perdu plus des deux-tiers de ses populations d'animaux sauvages en moins de 50 ans, principalement à cause de l'activité humaine, avertit ce jeudi le Fonds mondial pour la nature (WWF). Dans un rapport publié ce jour, l'ONG pointe les dangers de cet effondrement pour l'avenir de l'humanité.

Destruction de l'habitat et surexploitation

Entre 1970 et 2016, 68% de cette faune sauvage a disparu, selon l'Indice planète vivante, outil de référence publié tous les deux ans par le WWF. Ce pourcentage concerne les vertébrés, c'est-à-dire "les oiseaux, les mammifères, les reptiles, les amphibiens et les poissons partout dans le monde", indique à BFMTV Arnaud Gauffier, directeur des Programmes au WWF France.

Une disparition qui s'explique par "la destruction de l'habitat de ces populations, les forêts, les savanes pour la production agricole, l'alimentation" ainsi que par la "surexploitation", avec notamment la "surpêche".

Cette disparition a de nombreuses conséquences sur la nature, mais aussi sur la vie humaine. L'ONG met ainsi en lumière un risque sur la sécurité alimentaire mondiale. "Enormément de populations dépendent d'espèces qu'elles soient végétales ou animales pour se nourrir", rappelle le directeur des Programmes au WWF France.

Favoriser les pandémies telles que le Covid-19

Ce phénomène risque également de favoriser de nouvelles pandémies telles que celles du coronavirus. Selon les connaissances actuelles sur le Covid-19, il semble que le virus se soit transmis de deux espèces sauvages, à savoir la chauve-souris et le pangolin, à l'homme.

"On continue de détruire les milieux de vie de ces animaux, l'homme est de plus en plus en contact avec des animaux sauvages potentiellement porteur de virus, [avec] des probabilités plus importantes de transfert de maladie", souligne Arnaud Gauffier.

"Un changement culturel et systémique profond est absolument nécessaire", s'alarme l'ONG dans son rapport. "Il est temps de répondre au SOS lancé par la nature. L’ignorer c’est mettre en jeu l'avenir de près de 8 milliards de personnes."

Par E.P avec AFP