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Pourquoi ce mois de mai est-il si orageux?

Un orage au-dessus de Bordeaux, le 8 juin 2017. (Photo d'illustration)

Un orage au-dessus de Bordeaux, le 8 juin 2017. (Photo d'illustration) - Nicolas Tucat - AFP

Le contraste entre des températures froides en altitude et plus chaudes que la normale au sol provoque de nombreux orages sur l'Hexagone en ce mois de mai.

Les jours se suivent et les prévisions météorologiques se ressemblent. De nombreux orages se sont abattus sur l'Hexagone ces dernières semaines. Avec plus de 155.000 impacts de foudre enregistrés au 29 mai, c'est même le mois de mai "le plus foudroyé" depuis au moins 2000, voire depuis le début des recensements de Météo France. Le précédent record datait de 2009, avec 84.336 impacts. 

"Ces orages ne sont pas exceptionnels par leur intensité mais par le fait qu'ils arrivent tôt: on voit plutôt ce type d'événements habituellement au coeur de l'été", souligne auprès de l'AFP le prévisionniste Patrick Galois.

Pourquoi autant d'orages frappent-ils la France actuellement, alors qu'ils sont d'ordinaire plus fréquents en plein été? Rien que mercredi, Météorage a recensé 208.647 éclairs. Sur le site de Météo France, l'ingénieur prévisionniste Frédéric Nathan explique que cette forte activité est dûe à "un blocage au niveau de la Scandinavie". 

Un anticyclone au niveau de la Scandinavie

"Des hautes pressions (...) ont favorisé l'apport d'air froid en altitude entre le proche Atlantique, l'Espagne et le sud de la France. Cet air très froid en altitude vient rencontrer l'air très chaud qui est lui remonté du Maghreb la semaine dernière", développe-t-il. 

En raison de ces perturbations, il a ainsi fait plus frais en ce mois de mai à Toulouse qu'à Oslo, où le mercure a grimpé jusqu'à 29°C. 

"Ce contraste thermique entre le sol et l'altitude favorise le développement de cumulonimbus, des nuages orageux très puissants", poursuit Frédéric Nathan.

"Plus la différence de température entre le haut et le bas est importante, plus on peut avoir de la grêle et une forte activité électrique", explique sur notre antenne Christophe Person, chef du service météo à BFMTV. Ce mécanisme permet de réguler la température. 

Une brève accalmie avant de nouveaux orages

Mieux vaut donc s'abriter lorsque les cumulonimbus pointent le bout du nez.

"Plus le nuage est noir, plus il est épais. Un cumulonimbus peut faire dix kilomètres entre le haut et le bas du nuage. C'est pourquoi il est très noir, la lumière ne passe pas. Plus le ciel est sombre, plus l'orage risque d'être violent", prévient Christophe Person. 

Après une "petite accalmie" vendredi et samedi, une nouvelle "goutte froide océanique" dimanche et lundi va réactiver les orages, prévient Météo France, car "on a toujours ce blocage avec l'anticyclone" sur le Nord. Cinq départements ont été à nouveau placés en vigilance orange ce jeudi matin. 

Liv Audigane, avec AFP