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COP21: la Chine ne fera pas de nouvelles concessions

Une usine dans le nord est de la Chine, en novembre 2015 (image d'illustration)

Une usine dans le nord est de la Chine, en novembre 2015 (image d'illustration) - STR / AFP

A quelques jours de l'ouverture de la conférence sur le climat à Paris, plusieurs pays dont la Chine, premier pollueur au monde, préviennent déjà qu'ils ne feront pas de concessions à la COP21. François Hollande et Angela Merkel se montrent déterminés sur la nécessité de signer un accord contraignant.

A quelques jours du début de la conférence sur le climat (COP21) à Paris, la Chine a fait savoir qu'elle ne proposerait pas de nouvelles concessions ou d'objectifs améliorés aux négociations. Pour le vice-ministre des Affaires étrangères, Liu Zhenmin, les chefs d'Etat et de gouvernement attendus à la COP21 y participeront "pour donner une impulsion politique" mais "ils ne seront pas là pour des négociations". 

Pékin campe sur ses positions

La Chine, deuxième économie mondiale et premier pollueur de la planète, s'était déjà montrée intransigeante lors de la conférence de Copenhague en 2009. Ce sommet sur le climat avait débouché sur un accord non contraignant. 

Même si la France - pays hôte de la COP21 - et l'Allemagne se montrent déterminées sur la nécessité d'un accord contraignant, la Chine et d'autres pays, comme les Etats-Unis et la Pologne, y sont réfractaires. L'argument de la Chine est simple: le pays est encore dans une phase de développement économique et industriel et ne peut assumer les responsabilités des pays développés. Cet ancien argument de Pékin a été repris par Liu Zhenmin: 

"Le problème du réchauffement climatique est le résultat historique des émissions des pays développés: leurs responsabilités et leurs obligations doivent être différenciées de celles des pays en développement".

Mais avec 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et sa colossale consommation de charbon, tout comme par son rôle de leader des pays émergents, la Chine sera à nouveau un arbitre majeur des discussions à la COP21. Pékin estime aujourd'hui que son pic d'émissions de CO2 sera atteint "autour de 2030".

Pas de contrainte pour les Etats-Unis

D'autres pays se sont déjà montrés frileux sur leurs probables engagements à l'issue de la conférence sur le climat. D'abord sur la dimension "contraignante" d'un accord entre les 196 participants.

John Kerry affirmait dans le Financial Times le 11 novembre dernier, que cet accord "ne sera définitivement pas un traité" et qu'"il n'y aura pas d'objectifs de réduction juridiquement contraignants comme cela avait été le cas à Kyoto". Cette sortie du secrétaire d'Etat américain avait fait réagir François Hollande, qui avait affirmé: "L'accord sera contraignant ou il n'y aura pas d'accord". 

La Pologne défend son charbon 

En Europe, la Pologne a fait savoir qu'elle n'hésiterait pas à mettre son veto si elle n'obtient pas un traitement de faveur, comme le rapporte Les Echos. Le pays extrait et exploite encore du charbon, qui alimente la majeure partie de ses centrales.

La COP21, qui aura lieu du 30 novembre au 11 décembre, a pour objectif de trouver un accord pour limiter le réchauffement climatique à +2°C d'ici à 2100. Parmi les nombreux accords sur le climat qui existent, seul le protocole de Kyoto, signé en 1997, était contraignant mais n'avait pas été ratifié par les Etats-Unis.

M. L.