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Al Gore: "Fabius est incroyable"

L'ancien vice-président américain a loué l'organisation de la COP21 par la présidence française, tandis que les négociateurs tentaient jeudi d'enclencher la vitesse supérieure à la conférence mondiale de Paris.

Laurent Fabius et Al Gore se sont auto-congratulés jeudi en marge de la COP21. Le ministre français des Affaires étrangères et président de la COP21 a loué l'engagement de l'ancien vice-président américain, une homme absolument remarquable" qui a compris "avant beaucoup de monde à quel point la question du changement climatique était très importante".

"Monsieur Fabius est incroyable", lui a répondu Al Gore. "Même si nous n'en sommes qu'au début des négociations, toutes les délégations disent que la présidence française est spectaculaire et qu'aucun des sommets précédents n'a été aussi bien organisé. Votre présidence est vraiment très bonne, [...] tout le monde est impressionné", a ajouté le Prix Nobel de la paix 2007.

Le comité Nobel avait honoré Al Gore pour avoir éveillé les consciences sur les risques que représentent les changements climatiques à travers son livre et le documentaire Une vérité qui dérange. Il se l'était vu conjointement attribuer avec le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) en 2007.

Al Gore donnait jeudi au Bourget une conférence sur le thème: "Investir à long terme, évaluer le risque sur les actifs liés au carbone". Il participera vendredi au Sommet des maires organisé vendredi à l'Hôtel de Ville de Paris en marge de la COP21. Elle doit compter parmi ses participants et orateurs Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, mais aussi l'acteur et réalisateur américain Robert Redford et l'acteur et ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger.

Des progrès trop lents

Pressés d'accélérer face à l'urgence climatique, les négociateurs tentaient jeudi d'enclencher la vitesse supérieure à la conférence mondiale de Paris, en s'appuyant sur un nouveau texte, modifié uniquement à la marge après trois jours de tractations.

Les délégués de 195 pays, qui doivent trancher le maximum d'options avant samedi puis passer le relais à leurs ministres, ont publié un nouveau projet d'accord jeudi matin, réduit de 55 à 50 pages.

Mais "le nombre d'options ouvertes n'a pas été réduit, autour de 250", a déploré Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot (FNH). "Nous n'avons plus que 48 heures, il faut que les négociations accélèrent", a-t-il ajouté, en appelant les délégués "à sortir des jeux de postures habituels".

"Ces négociations ont besoin de passer à la vitesse supérieure", a renchéri Martin Kaiser, de l'ONG Greenpeace, tout en notant que, sur certains points, "le texte est plus clair et plus gérable" qu'auparavant.

Déjà la veille, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui préside cette conférence sur le climat (COP21) au Bourget, avait appelé publiquement les négociateurs à "accélérer", jugeant leurs "progrès trop lents". 

Le but de la COP21 est de s'entendre, d'ici au 11 décembre, sur un accord permettant de limiter à deux degrés la hausse du réchauffement climatique par rapport à l'ère pré-industrielle, alors que la planète a déjà gagné un degré.

Parallèlement aux négociations, quasiment tous les pays ont publié des engagements précis pour limiter leurs émissions polluantes. Mais leurs efforts, s'ils se concrétisent, ne permettront de contenir le réchauffement qu'entre 2,7 et 3,5 degrés, selon les estimations.

K. L.