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Cinq ans après l'Accord de Paris, l'ONU appelle le monde à "déclarer l'état d'urgence climatique"

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lors d'une conférence en ligne, cinq ans après les accord de Paris, le 11 décembre 2020.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lors d'une conférence en ligne, cinq ans après les accord de Paris, le 11 décembre 2020. - Heiko Junge / NTB / AFP

Pour Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, les engagements de réduction d'émissions de gaz à effet de serre pris par les différents pays "n'ont pas été respectés".

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, appelle le monde à "déclarer l'état d'urgence climatique", en ouvrant ce samedi un sommet en visioconférence destiné à relancer les efforts de lutte contre le réchauffement climatique, cinq ans après l'Accord de Paris.

Des dizaines de chefs d'État et de gouvernement dont le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel ou le président chinois Xi Jinping doivent participer à ce sommet organisé par les Nations unies, le Royaume-Uni et la France, en partenariat avec le Chili et l'Italie.

L'objectif: afficher leurs ambitions pour lutter contre le réchauffement climatique. Des représentants d'entreprises comme Apple, de la société civile et de peuples indigènes ont également été conviés.

Des engagements pas respectés

"J'appelle aujourd'hui les responsables du monde à déclarer l'état d'urgence climatique dans leur pays jusqu'à ce que la neutralité carbone soit atteinte", a lancé Antonio Guterres.

Il y a cinq ans, la communauté internationale s'était engagée à contenir le réchauffement "nettement" au-dessous de +2°C, et si possible +1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle.

Mais les engagements de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES) pris par les différents pays "n'étaient pas suffisants" et "n'ont pas été respectés", a souligné Antoine Guterres, avant de rappeler qu'il est nécessaire de "réduire les émissions mondiales de 45 % d'ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2010".

55% d'émissions en moins d'ici 2030 en Europe

A moins d'un an de la COP26 qui se tiendra en novembre 2021 à Glasgow, en Ecosse, le secrétaire général de l'ONU les a exhortés "à faire preuve d'ambition, à faire cesser les coups portés à notre planète, et à faire ce qu'il faut pour garantir l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants".

Avant le sommet, plusieurs Etats ont annoncé des plans ambitieux pour réduire leurs émissions de GES. Vendredi, les 27 pays de l'UE se sont entendus pour réduire leurs émissions d'"au moins 55%" d'ici à 2030 par rapport au niveau de 1990.

La Chine, plus grand pollueur au monde, a récemment annoncé son intention d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2060, tandis que le président élu Joe Biden s'est engagé à ce que les États-Unis atteignent cet objectif d'ici 2050. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé que le Royaume-Uni allait arrêter "dès que possible" de soutenir financièrement des projets d'énergies fossiles à l'étranger.

"Mon message à vous tous est qu'ensemble, nous pouvons utiliser les progrès scientifiques pour protéger notre planète, notre biosphère contre un défi bien pire, bien plus destructeur, que la pandémie de coronavirus", a déclaré Boris Johnson lors du sommet.

Le mea-culpa de Joe Biden

Après l'élan historique de l'Accord de Paris, l'enthousiasme était retombé, douché un an plus tard par l'élection à la Maison Blanche de Donald Trump qui avait annoncé le retrait de la deuxième économie mondiale du pacte mondial contre le dérèglement climatique.

"Nous avons manqué de réaliser les actions audacieuses nécessaires et, aujourd'hui, nous n'avons pas de temps à perdre", a reconnu samedi Joe Biden, dans un communiqué.

Il a souligné que les États-Unis rejoindraient l'Accord de Paris dès "le premier jour de (sa) présidence" et réaffirmé sa volonté d'organiser un sommet international sur le climat dans les 100 jours qui suivront. Pour le directeur exécutif de Greenpeace, John Sauven, "il y a des raisons d'espérer".

"Avec Donald Trump hors de la Maison Blanche et une action en faveur du climat plus forte de la Chine, de la Corée du Sud et du Japon, nous avons maintenant une chance de rassembler le monde dans un énorme effort pour réduire les émissions de gaz à effet de serre", a-t-il souligné dans un communiqué en amont du sommet.
E.P avec AFP