BFMTV
Environnement

A l'Assemblée nationale, Greta Thunberg sermonne une classe politique "pas assez mature"

Invitée ce mardi à l'Assemblée nationale, la jeune militante suédoise a répondu par l'ironie aux attaques mettant en cause sa légitimité à incarner le combat contre le réchauffement climatique.

Greta Thunberg a lancé son offensive. La jeune Suédoise de 16 ans était invitée ce mardi matin à l’Assemblée nationale par les 162 députés du collectif transpartisan sur le climat baptisé "Accélérons". Elle a prononcé un discours d’une quinzaine de minutes dans lequel elle n’a pas hésité à parler très directement à la classe politique face à elle.

"Vous n'êtes pas obligés de nous écouter, nous ne sommes que des enfants après tout, a-t-elle ironisé. Mais vous devez écouter la science. C'est tout ce que nous demandons: unissez-vous derrière la science", a lancé la jeune fille, renvoyant à la lecture du dernier rapport alarmant du groupe d'experts de l'ONU sur le climat (Giec).

"Déferlement de haine et de menaces"

"C'est presque comme si vous ne saviez pas que (ces chiffres) existent, comme si vous n'aviez pas lu le dernier rapport du Giec dont dépend l'avenir de notre civilisation. Ou peut-être simplement que vous n'êtes pas assez matures pour dire les choses telles qu'elles sont. Même cette charge, vous nous la laissez à nous, les enfants. Nous sommes devenus les méchants qui devons dire aux gens des choses pas faciles, parce que personne ne veut le faire ou n'ose. Et (pour cela), nous recevons un déferlement de haine et de menaces. Des députés et journalistes se moquent de nous et mentent à notre sujet", a rétorqué Greta Thunberg face aux attaques qui ont récemment mis en cause sa légitimité à incarner le combat contre le réchauffement climatique.

Ces derniers jours, plusieurs députés LR et RN ont exprimé leur opposition à la venue de la jeune fille à l'Assemblée, l'un évoquant une "prophétesse en culottes courtes", un autre un "gourou apocalyptique". La climatologue Valérie Masson-Delmotte, soulignant avoir échangé avec de nombreux jeunes réellement préoccupés par la question climatique, a elle dénoncé des polémiques "extrêmement futiles".

"On parle de la messagère mais pas du problème et ce qui m'intéresse, c'est de parler du changement climatique qui affecte tout le monde, les écosystèmes et les gens, et parler des solutions et faire en sorte que ces solutions soient déployées", a-t-elle déclaré à quelques journalistes.

"Engueulade dans les règles"

Devenue célèbre pour organiser depuis presque un an des grèves de l'école hebdomadaires pour le climat, Greta Thunberg a fait preuve d’aplomb ce mardi en déclamant une "engueulade dans les règles", commente Jean-Louis Caffier, consultant environnement pour BFMTV.

La jeune fille "ne s‘est pas laissée démonter par les critiques violentes dont elle a fait l’objet depuis quelques jours. Au contraire, elle est passée à la contre-attaque en demandant à ceux qui l’accusent de présenter leur programme pour agir contre le réchauffement climatique", explique Ulysse Gosset, éditorialiste politique étrangère pour BFMTV.

Car pour Greta Thunberg, l’urgence écologique et climatique "c’est aujourd’hui et c’est maintenant. Et tout cela va empirer". Devant les députés, elle a rappelé qu'au rythme de nos émissions de gaz à effet de serre, la marge d'action aura "disparu d’ici 8 ans et demi. D’ailleurs, depuis que j’ai commencé à vous parler, le monde vient d’émettre près de 800.000 tonnes de CO2", a-t-elle conclu, acerbe.

Ambre Lepoivre avec AFP