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Paris ne sait que faire de l'œuvre monumentale de Jeff Koons

Les Tulipes de Jeff Koons, exposées le 6 novembre 2012 sur la place Rockefeller à New York, qui ressemblent à l'œuvre prévue pour Paris.

Les Tulipes de Jeff Koons, exposées le 6 novembre 2012 sur la place Rockefeller à New York, qui ressemblent à l'œuvre prévue pour Paris. - Jamie McCarthy - Getty Images North America - AFP

L'installation d'un gigantesque bouquet de tulipes en métal entre le palais de Tokyo et le Musée d'art moderne de Paris fait débat.

Il y a des cadeaux dont on ne sait que faire. Particulièrement quand ils mesurent 10 mètres de haut, pèsent 33 tonnes et représentent un gigantesque bouquet de tulipes colorées. En novembre 2016, l'artiste américain Jeff Koons avait annoncé faire don de son Bouquet of tulips à Paris en mémoire des victimes des attentats de novembre 2015 - sans se préoccuper du coût de la construction, précisait Télérama en octobre dernier.

Seulement, maintenant que l'œuvre (en bronze, acier inoxydable et aluminium poli) est sur le point d'être achevée, se pose la question de son futur emplacement dans la capitale. Le bouquet "est en cours de finition et n'attend plus que les autorisations", s'agace justement dans Le Figaro Emmanuelle de Noirmont, galeriste de Jeff Koons.

L'idée semble être de l'installer entre le palais de Tokyo et le Musée d'art moderne. Le directeur de ce dernier, Fabrice Hergott, estime que l'œuvre "va apporter beaucoup au quartier, et donner de la visibilité à (leurs) musées".

"Un cadeau publicitaire gigantesque"

Jean de Loisy, président du palais de Tokyo, est moins convaincu et juge que si "son installation devant le Musée d'art moderne est cohérente", "elle va moins de soi" devant sa porte. Et pour cause, le palais de Tokyo se présente comme "l’un des plus grands sites dédiés à la création contemporaine en Europe".

"Aujourd'hui, un artiste comme Jeff Koons, c'est une multinationale. Pas du tout de l'art et essai", tacle carrément Stéphane Corréard, un galeriste à l'origine d'une pétition contre l'installation, sur Europe 1. Pour lui, c'est "faire un cadeau publicitaire absolument gigantesque en échange de rien".

La ministre de la Culture Françoise Nyssen a demandé des "études complémentaires" à la Drac, afin de "minimiser les risques techniques, mais également juridiques, économiques et patrimoniaux". L'entourage de la maire de Paris assure pourtant au Figaro que "le chantier se fera". Reste à savoir où.

Liv Audigane