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Paris: la Concrete craint l'expulsion, la boîte de nuit menacée de fermeture

La Concrete est menacée de fermeture.

La Concrete est menacée de fermeture. - BFM Paris

La Concrete, célèbre boîte de nuit parisienne est menacée de disparition en raison d'un conflit avec le propriétaire de la barge où est installé le club. De Jack Lang à la mairie de Paris, les soutiens affluent pour préserver ce lieu de fête.

Pourra-t-on encore venir danser à la Concrete? Amarrée depuis 2012 quai de la Rapée, dans le 12e arrondissement, la boîte de nuit craint pour son avenir. Première boîte de la capitale à ouvrir 24 heures sur 24 le week-end, le club est devenu en sept ans d'existence un lieu incontournable des nuits parisiennes. Mais la fête pourrait bientôt s'arrêter.

"Je ne comprends pas comment un établissement comme le nôtre qui est devenu une institution soit mise en danger du jour au lendemain, et sans avoir la possibilité de se retourner. C'est complètement injuste. On a mis nos tripes depuis des années sur ce projet, et là on est vraiment atterrés", déplore sur BFM Paris Brice Coudert, programmateur de la Concrete. 

Conflit avec le propriétaire

En cause, un conflit des patrons de la boîte avec le propriétaire de la barge. BPIF, La société propriétaire refuse de renouveler la concession, invoquant des révisions techniques à effectuer d'urgence. Dans Le Parisien, le directeur de BPIF assure que "malgré de multiples demandes", les occupants ont refusé de libérer les lieux pour réaliser ces travaux qui doivent durer deux mois.

Le propriétaire affirme également que la Concrete occupe "sans droit ni titre" la barge depuis la fin de leur convention d'exploitation le 31 janvier et que les loyers ne sont plus payés depuis décembre. 

De son côté, l'équipe de la Concrete déplore une asphyxie économique "avec une augmentation de loyer irraisonnée ces derniers mois" et le refus du propriétaire d'une offre d'achat. Pour suspendre la procédure d'expulsion, la Concrete a saisi la justice.

Pétition en ligne et soutien de Jack Lang

En attendant un règlement judiciaire, le club tente de mobiliser. Une pétition en ligne a à ce jour réuni près de 18.000 signatures et des personnalités comme Jack Lang affichent leur soutien à la préservation du lieu.

"Je ne peux pas imaginer que la Concrete disparaisse, ce n'est pas possible. C'est pourquoi je dis à la maire de Paris, qui est une amie, je t'en conjure, il faut tout faire pour que la Concrete vive et survive. C'est vital pour la musique électronique, pour la culture, pour notre art de vivre ensemble", plaide l'ancien ministre de la Culture. 

La Ville justement, s'est positionnée en faveur de la sauvegarde de la boîte de nuit. "Ca nous intéresse qu'il y ait des jeunes entrepreneurs dans la vie nocturne, des gens dont la passion c'est les musiques électroniques, dont la passion c'est l'animation de la nuit et qui se lancent dans un projet d'entreprise qui crée de l'emploi, de la richesse", insiste Frédéric Hocquart, maire-adjoint en charge de la vie nocturne. 

La Concrete emploie une quarantaine de salariés à temps plein et accueille 4.000 personnes chaque semaine. En sept ans d'existence, près de deux millions de fêtards ont dansé sur la terrasse et dans la cale de la péniche. 

Elodie Messager, Jules Chiapello avec Carole Blanchard