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De nouvelles expertises viennent éclaircir la mort d'Adolf Hitler

Une réplique du bunker où Adolf Hitler a passé ses dernières heures, exposée à Berlin le 27 octobre 2016.

Une réplique du bunker où Adolf Hitler a passé ses dernières heures, exposée à Berlin le 27 octobre 2016. - Tobias Schwarz - AFP

Deux journalistes et un anthropologue ont exceptionnellement pu analyser des morceaux de crâne et de mâchoire attribués à Adolf Hitler et entreposés dans les archives russes.

Que s'est-il exactement passé dans le bunker d'Adolf Hitler le 30 avril 1945? Depuis plus de 70 ans, certaines zones d'ombre subsistent autour de la mort du dictateur. A-t-il mis fin à ses jours en ingérant du cyanure? S'est-il tiré une balle dans la bouche? Dans la tête?

Deux journalistes ont pu mener des investigations poussées sur des ossements attribués à Hitler et conservés dans les archives russes. Ils en livrent les conclusions dans un ouvrage paru mercredi aux éditions Fayard, La mort d'Hitler - Dans les dossiers secrets du KGB, dont L'Obs diffuse les bonnes feuilles ce jeudi.

Accompagnés du médecin légiste et anthropologue Philippe Charlier, Jean-Christophe Brisard et Lana Parshina ont pu avoir accès, après moult tractations avec les autorités russes, à ce qu'il reste du corps d'Adolf Hitler: un morceau de crâne et des bouts de mâchoire, conservés dans une vieille boîte de disquettes informatiques et un emballage de cigarettes.

Les corps de l'ancien chancelier et de sa femme Eva Braun n'existent plus depuis longtemps. Ils avaient d'abord été brûlés conformément aux volontés de Hitler, puis les restes calcinés enterrés dans les jardins à l'entrée du bunker, avant d'être déplacés par les Russes en pleine forêt. Après les avoir déplacés une nouvelle fois à Magdebourg, les Soviétiques avaient fini par les détruire totalement en 1970. Les morceaux de crâne et de mâchoire, découverts dans les jardins où ils avaient été inhumés pour la première fois, sont donc les seuls éléments sur lesquels s'appuyer aujourd'hui.

"Les dents (...) sont bien celles d'Hitler"

Philippe Charlier, qui a déjà retrouvé la tête de Henri IV, ne peut affirmer que le crâne est celui d'Adolf Hitler. En 2009, une étude américaine assurait d'ailleurs que c'était celui d'une femme.

"En revanche, pour les dents, je sais. Elles sont bien celles d'Hitler!", assure-t-il dans le livre, grâce à "une certitude anatomique entre les radios, les descriptifs des autopsies, les descriptifs des témoins, - principalement ceux qui ont fait et réalisé ces prothèses dentaires, et la réalité qu'on a eue dans les mains".

Le Kremlin a donc bien en sa possession les derniers restes du dictateur allemand, et ce dernier n'a pu s'enfuir sur un autre continent avant la chute du IIIe Reich. 

De plus, lorsque le médecin a manipulé les morceaux de mâchoire, un bout de tartre s'est accroché aux gants, précise L'Obs dans un article revenant sur la longue enquête. Une fois analysé, le tartre ne présente aucun des éléments que l'on retrouve habituellement en cas de tir dans la bouche: des gaz de combustion, de la poudre, de l'incandescence…

Si un mystère subsiste autour des os du crâne, ces nouveaux éléments viennent appuyer la version avancée par le valet d'Hitler, Heinz Linge, qui a toujours affirmé avoir retrouvé le dictateur avec "sur sa tempe droite, (...) un trou de la taille d'une pièce de dix centimes".

L.A.