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Commerce des cornes de rhinocéros: la Cour constitutionnelle sud-africaine confirme sa reprise

Rhinocéros au Kenya. (Illustration)

Rhinocéros au Kenya. (Illustration) - TONY KARUMBA / AFP

La mesure était réclamée par les éleveurs et redouté par les défenseurs de la faune sauvage. Le premiers ont donc eu gain de cause: le gouvernement sud-africain ne peut maintenir le moratoire interdisant la vente des "précieuses" cornes de rhinocéros.

Le rhinocéros est un animal sauvage chassé par les braconniers pour sa corne possédant, du point de vue de la médecine chinoise, de soi-disant pouvoirs virilisants. L'espèce menacée à cause de ces superstitions et du trafic qui en découle ne compte plus que 20.000 individus, dont 90%, indique la BBC, vivent en Afrique du Sud. Depuis 1977, la Convention sur le commerce d’espèces menacées d’extinction (CITES) interdit la vente au niveau mondial de ces appendices de kératine - soit dit au passage la même matière que celle composant les ongles. Mais fin mars, donnant gain de cause aux "éleveurs" de Rhinocéros, la Cour constitutionnelle a confirmé la levée du moratoire interdisant le commerce du rhinocéros au niveau national, que le gouvernement ne peut donc maintenir.

Les éleveurs attendaient une telle décision

"Nous accueillons avec enthousiasme les règles fixées par la Cour constitutionnelle", a déclaré au New York Times, Pelham Jones, président de la Private Rhino Owners Association. Déjà l'année dernière, une cour d'appel avait jugé illégal le moratoire en vigueur depuis 2009 dans le pays.

Selon les propriétaires privés de rhinocéros qui détiennent un tiers du cheptel, la CITES s'est révélé incapable de protéger l'espèce qui a effectivement disparu de nombreux pays d'Afrique. Le braconnage a décimé les populations. Les éleveurs, tel John Hume, confiait à la BBC, la nécessité d'autoriser à nouveau le commerce des cornes. D'une part argue-t-il, la corne proprement coupée "repousse en deux ans". D'autre part, la sécurisation des fermes de rhinocéros est coûteuse et doit trouver des moyens de financement.

Pour les défenseurs des espèces menacées comme Leigh Henry du World Wildlife Fund, cette levée d'interdiction ne fera que "stimuler l'augmentation de l'activité internationale illégale". "L'Afrique du Sud doit continuer à concentrer ses efforts là où ils sont les plus importants, arrêter le braconnage et s'attaquer aux syndicats criminels organisés impliqués dans le trafic de corne de rhinocéros", plaide-t-il.

Le gouvernement sud-africain obligé de se conformer à la décision de la Cour constitutionnelle déclare vouloir encadrer ce commerce. Il rappelle notamment qu'il faut disposer d'un "permis pour vendre ou acheter de la corne de rhinocéros".

David Namias