BFMTV

Certains requins utilisent leurs épaules pour manger

Un bébé requin-chabot à taches blanches, photographié le 3 septembre 2011 près de Pattaya en Thaïlande.

Un bébé requin-chabot à taches blanches, photographié le 3 septembre 2011 près de Pattaya en Thaïlande. - Christophe Archambault - AFP

Le requin-chabot à taches blanches doit se débrouiller pour avaler ses proies, sans langue.

Comment le requin-chabot à taches blanches, qui utilise la succion pour ingérer ses proies, fait-il pour avaler une proie qui gigote pour échapper à son triste sort? En haussant les épaules. 

Ce n'est pas une blague de scientifiques, mais bien un scoop pour des chercheurs de l'université Brown aux Etats-Unis qui ont publié leurs découvertes dans la revue scientifique Proceedings of the Royal Society B

Auparavant, les scientifiques considéraient que le cartilage en forme de "U" entre la tête et le corps de ces requins avait pour seul but de contrôler certaines nageoires de l'animal. Il s'avère que ce cartilage les aide à avaler leur nourriture quand celle-ci passe mal. 

"Les requins n'ont pas de langue"

"Les requins n'ont pas de langue pour déplacer la nourriture dans leur gueule", explique Ariel Camp, chercheuse à la Brown University et auteure principale de l'étude, dans un communiqué. "Ils ont un long pharynx et doivent se débrouiller pour que la nourriture le descende."

Pour vérifier ses hypothèses, elle a observé trois requin-chabots à taches blanches (Chiloscyllium plagiosum) à l'aide d'une technologie aux rayons X permettant de voir les mouvements des os et des muscles à l'intérieur des corps, après leur avoir fait ingérer des petits morceaux de carbure de tungstène.

Une fraction de seconde après avoir avalé leur morceau de calamar ou de hareng, la ceinture d'épaule en cartilage des requins s'est rapidement retournée vers l'arrière, de la tête à la queue. "En tirant leur 'ceinture d'épaule' en arrière, les requins créent l'aspiration nécessaire pour pousser la nourriture vers le fond de leur gueule et dans le tube digestif", détaille Ariel Camp.

Liv Audigane, avec AFP