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Voiture de police incendiée: il se fait passer pour "Kung Fu Cop", le vrai policier porte plainte

"Kung Fu Cop" lors de l'attaque de sa voiture de police par des casseurs

"Kung Fu Cop" lors de l'attaque de sa voiture de police par des casseurs - Capture Youtube

"Kung Fu Cop" a déposé plainte pour usurpation d'identité. Un homme s'était fait passer pour lui en début de semaine, s'attribuant sur RTL ses exploits lors de l'attaque d'une voiture de police par des casseurs en marge d'une manifestation contre la loi Travail.

Il s'était fait passer pour "Kung Fu Cop". Un homme témoignait lundi pour RTL des exploits de ce policier attaqué en marge d'une manifestation à Paris contre la loi Travail comme s'ils étaient les siens. Sauf que ce n'était pas le cas. Le véritable adjoint de sécurité de 29 ans a déposé plainte en début de semaine pour usurpation d'identité.

L'homme s'était présenté comme étant Kevin Philippy, dont le sang-froid lors de l'incendie de sa voiture par des casseurs la semaine dernière lui a valu d'être décoré par le ministre de l'Intérieur. L'individu assurait même n'avoir "aucune haine" contre ses agresseurs.

"Si j'avais sorti mon arme ou donné des coups, je serais passé du statut de héros à celui de zéro. Je ne serais peut-être pas là pour vous parler, ma carrière aurait pu se terminer."

"Des doutes sur l'authenticité de ce témoignage"

Alors que des extraits avaient dans un premier temps été diffusés, RTL a publié dès lundi après-midi un communiqué annonçant l'annulation du sujet.

"Nous devions diffuser ce lundi 23 mai au soir le témoignage du policier victime d'agression la semaine dernière en plein Paris. Au cours de la journée, des doutes sur l'authenticité de ce témoignage sont apparus."

Quelques heures plus tôt, le vrai Kevin Philippy avait alerté son syndicat, étonné de s'entendre alors qu'il n'avait donné aucune interview. Joint par Le Monde, le journaliste qui a réalisé l'entretien a expliqué l'avoir contacté sur Twitter.

"Il était extrêmement précis sur les événements"

"Il m'a aussitôt répondu, m'a envoyé un numéro de téléphone et une adresse e-mail, et nous avons commencé à discuter par e-mail. Le dimanche matin, il m'a annoncé qu'il était d'accord pour venir à RTL."

Mais peu avant la rencontre, l'homme a rappelé pour expliquer qu'il était coincé à l'extérieur de Paris et préférait faire l'interview par téléphone.

"Notre entretien enregistré, réalisé dimanche, a duré vingt minutes. Il était extrêmement précis sur les événements, connaissait bien les grades policiers", s'est pour sa part défendu Marc-Olivier Fogiel.

C.H.A.