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Violences sexuelles: une association "submergée" ferme son accueil téléphonique

Des membres de l'association AVFT lors d'une visite de Christiane Taubira dans les locaux, le 21 mai 2012, à Paris.

Des membres de l'association AVFT lors d'une visite de Christiane Taubira dans les locaux, le 21 mai 2012, à Paris. - Fred DUFOUR / AFP

Une association contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) va devoir fermer son accueil téléphonique, suite aux trop nombreuses saisines de femmes victimes. En deux ans, le nombre de saisine a doublé, précise l'AVFT.

"Submergée", une association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) annonce ce mercredi qu'elle ferme son accueil téléphonique, ne pouvant plus "répondre à tous" et "assurer la défense des victimes" avec ses moyens actuels.

Un flot ininterrompu de saisines 

"Submergée par un flot ininterrompu de saisines des femmes victimes de violences sexuelles au travail mais aussi de professionnelles à la recherche d'informations, l'AVFT n'est plus en mesure de répondre à tout le monde et d'assurer son travail de défense de nouvelles victimes", indique dans un communiqué la déléguée générale de l'association, Marylin Baldeck.

L'association prend "une décision aussi difficile qu'inévitable: celle de fermer l'accueil téléphonique jusqu'à nouvel ordre" pour pouvoir "continuer d'apporter un soutien de qualité aux personnes qui nous ont déjà sollicitées".

Le nombre de saisine a doublé en 2 ans

Entre 2015 et 2017, le nombre de saisines a doublé, précise-t-elle. Pour l'année 2017, dont le dernier trimestre a été fortement marqué par les conséquences de l'affaire Weinstein, 223 femmes ont saisi l'AVFT.

"Trois mois" après l'affaire et "après la grandissante mise à l'agenda médiatique de la question du harcèlement sexuel au travail", "alors que l'AVFT fonctionne sans augmentation de subventions et donc d'effectifs depuis 13 ans, il n'est pas difficile de comprendre que notre situation est absolument intenable", poursuit le communiqué.

Selon l'association qui emploie cinq salariées, dont l'une en CDD jusqu'en novembre, "il faudrait une année entière pour tout faire". En 2014 déjà, "avant même les affaires Baupin et Weinstein", l'association, qui accompagne juridiquement les victimes dans leurs actions, avait fermé puis rouvert mais de façon plus limitée son accueil téléphonique.

S.Z avec AFP