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Violences à Paris: le choix de la place d'Italie par la préfecture vivement critiqué

Trois chantiers se trouvaient sur la place choisie par la préfecture de police de Paris comme point de départ d'une des manifestations des gilets jaunes prévues samedi. Il y avait "des éléments pour pouvoir faire des armes", s'indigne Alexis Corbière, député LFI à notre antenne.

Au lendemain de ce samedi de violence à l'occasion du premier anniversaire des gilets jaunes, la gestion du maintien de l'ordre est, une nouvelle fois au cœur des critiques. Au-delà de l'action des forces de police, des voix s'élèvent contre un choix de lieu de manifestation jugé trop risqué.

Des casseurs dès 10h30

Située dans le 13e arrondissement, au sud-est de la capitale, la place d'Italie est le point de croisement de sept artères, avec un square au centre. C'est cet emplacement qu'a choisi la préfecture de police de Paris comme point de départ de l'un des trois cortèges autorisés samedi.

Déclarée par Faouzi Lellouche et Priscillia Ludosky d'après le site "d'agenda alternatif de la région parisienne" Démosphère, la manifestation devait s'élancer à 14 heures en direction de la place de la Bastille, puis rejoindre la place Franz Liszt, dans le 10e arrondissement.

Mais comme le rappelle le député de La France Insoumise de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière à notre antenne, "à 10h30 il y avait déjà des casseurs sur place mais aucune force de l'ordre. La casse avait déjà commencé". Ce dernier critique la décision de la préfecture de faire partir une manifestation depuis une place en travaux:

"Je ne comprends pas le choix du parcours partant de la place d'Italie, imposé aux organisateurs par le préfet. C'était un mauvais choix car il y avait trois chantiers sur place, qui potentiellement pouvaient donner des éléments pour pouvoir faire des armes", indique-t-il.

Trois chantiers "très importants" sur la place

Un reproche partagée par le gilet jaune Thierry Paul Valette sur notre plateau:

"Pourquoi a-t-on autorisé un rassemblement à partir de ce point de départ, qui était vraiment très compliqué par son infrastructure." Il assure qu'il est "passé au tribunal administratif vendredi [pour] leur fait écho", mais n'a pas été écouté.

Mobilier urbain brûlé, vitrines vandalisées, chaussée endommagée, voitures incendiées... Dimanche, le maire du 13e arrondissement ne peut que constater les dégâts causés dans son arrondissement. Au micro de France Info, Jérôme Coumet estime que le choix de la place d'Italie n'était "pas forcément la meilleure idée":

"Je ne suis pas dans un esprit de polémique, mais j'avais signalé à la préfecture de police que la place d'Italie accueillait trois chantiers très importants, donc très difficile à sécuriser même si nous avons fait tout ce que nous pouvions" juge l'édile.

Éviter les Champs-Élysées à tout prix

Du côté de la préfecture, on assure qu'on voulait à tout prix éviter une nouvelle manifestation dans l'ouest parisien, dans le secteur des Champs-Élysées, indique le consultant sécurité de BFMTV Guillaume Farde:

"Depuis le 24 novembre 2018, des manifestations avaient lieu régulièrement sur l'avenue des Champs-Élysées. Elles ont occasionné des dégradations, des désagréments pour les commerçants."

C'est donc l'est parisien qui a été envisagé. Il y a avait trois manifestations autorisées, il fallait donc trouver un lieu pour chacune d'entre elles. La place d'Italie a donc été sélectionnée, sachant qu'il existe de toute façon des travaux sur la plupart des autres places de cette partie de la capitale, par exemple sur la place de la Bastille, qui était l'arrivée d'un autre cortège.

Interrogé sur cette stratégie au micro d'Europe 1 ce dimanche, Christophe Castaner a balayé toute responsabilité face à "300 à 400 éléments ultra-violents" qualifiés de "brutes" et "voyous":

"Je ne veux pas dire ça pour me défausser mais ce n'est pas à l'État et au ministère de l'Intérieur de gérer le mobilier urbain des communes. Je ne veux surtout pas jeter la pierre sur la mairie de Paris", estime-t-il, avant d'ajouter:
"Quand vous avez un parcours assez grand, vous n'avez pas la possibilité de supprimer tout le mobilier urbain sur le trajet dans tout Paris."
Esther Paolini