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Vincent Lambert: la CEDH rejette la demande en révision des parents

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a rejeté lundi la demande en révision des parents de Vincent Lambert, qui contestaient sa décision favorable à l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation du tétraplégique.

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a rejeté lundi la demande en révision des parents de Vincent Lambert, qui contestaient sa décision favorable à l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation du tétraplégique. - Patrick Hertzog - AFP

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a rejeté lundi la demande en révision des parents de Vincent Lambert, qui contestaient sa décision favorable à l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation du tétraplégique.

Les avocats des parents du tétraplégique de 38 ans avaient invoqué des "éléments nouveaux et décisifs", qui selon eux "imposaient une révision" de l'arrêt pourtant définitif prononcé début juin par les juges européens, selon lequel mettre un terme aux soins qui lui sont prodigués ne violerait pas les droits de l'Homme.

Une famille déchirée

La Grande chambre de la CEDH avait alors estimé qu'il "n'y aurait pas violation" de la convention européenne des droits de l'Homme si la justice française autorisait les médecins à mettre un terme aux soins à Vincent Lambert. Sa famille est déchirée à ce propos: contrairement aux parents du tétraplégique, son épouse, soutenue par cinq frères et soeurs du patient, est convaincue qu'il n'aurait pas souhaité vivre dans cet état.

Agé de 38 ans, Vincent Lambert est maintenu en vie artificiellement au CHU de Reims, après un accident de la route survenu en 2008. Plusieurs expertises médicales ont conclu qu'il se trouvait dans un état végétatif irréversible. Mais selon les avocats des parents, Mes Jean Paillot et Jérôme Triomphe, son état de santé aurait évolué, le patient ayant "recommencé ces derniers jours à manger et boire par la bouche".

"Un risque sanitaire majeur"

Ce point est toutefois contesté par l'ancien médecin traitant de Vincent Lambert au CHU de Reims, le docteur Eric Kariger, qui voit même "un risque sanitaire majeur" dans le fait de nourrir ainsi un patient dans cet état. Mes Paillot et Triomphe avaient également cité à l'appui de leur demande de récentes déclarations de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui avait relevé que la volonté prêtée à Vincent Lambert faisait l'objet "d'interrogations et de débats".

La CEDH a balayé ces arguments en estimant qu'ils "ne constituaient pas des faits nouveaux susceptibles d'exercer une influence décisive sur l'issue de l'affaire". Les avocats des parents Lambert avaient également soulevé à l'appui de leur demande de révision de l'arrêt de la CEDH "une incroyable erreur de droit", que la Cour a pour sa part simplement considéré comme une "inexactitude évidente", rapidement rectifiée à posteriori dans le texte de l'arrêt: il s'agissait d'une référence erronée à un arrêt précédent.

Jé. M. avec AFP