BFMTV

Vincent Lambert: 150 personnes devant le CHU de Reims pour demander la poursuite des soins

-

- - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Environ 150 personnes se sont rassemblées ce dimanche après-midi devant le CHU de Reims à l'appel de Viviane Lambert pour protester contre l'arrêt programmé des traitements de son fils, ce lundi.

Dans un dernier élan avant l'arrêt des soins de Vincent Lambert, programmé ce lundi, ses parents Viviane et Pierre, fervents catholiques, ont appelé ce dimanche à un rassemblement devant le CHU de Reims, où leur fils est hospitalisé.

"Il faut garder espoir jusqu'au bout et expliquer à tout le monde que Vincent n’est pas en fin vie, il est handicapé!", soutient Viviane Lambert.

Environ 150 personnes ont répondu à leur appel pour réclamer la poursuite du traitement de ce patient en état végétatif depuis plus de dix ans. Rémi, 71 ans, est venu pour soutenir Mme Lambert, qui est arrivée peu avant 16 heures. "Pour elle, c'est l'horreur de l'horreur", déplore-t-il.

"O Eternel, ne leur pardonne pas car ils savent ce qu'ils font", "Je suis Vincent Lambert", pouvait-on lire sur les pancartes brandies pendant ce rassemblement. "La vie pour Vincent", ont également scandé les manifestants.

Une bataille judiciaire et familiale

La décision d'arrêter les traitements de Vincent Lambert est au coeur d'une bataille judiciaire depuis 2013, qui oppose deux parties de sa famille: d'un côté, les parents, un frère et une soeur s'y opposent. De l'autre, son épouse Rachel, son neveu François et six frères et soeurs du patient veulent qu'il soit mis fin à un "acharnement thérapeutique".

La quatrième procédure d'arrêt des soins, demandé en avril 2018 par l'équipe médicale et soutenu par son épouse et tutrice Rachel Lambert - qui affirme qu'il n'aurait pas souhaité faire l'objet d'un acharnement thérapeutique - a été validée fin avril par le Conseil d'Etat.

L'ONU demande à la France de suspendre l'arrêt des soins

Les avocats des parents ont depuis saisi le tribunal administratif de Paris et la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), qui ont rejeté leur recours. Le Défenseur des Droits a estimé vendredi qu'il "ne lui appartient pas" de trancher.

Le Comité des personnes handicapées de l'ONU (CDPH) a aussi demandé, à deux reprises, à la France de suspendre la décision dans l'attente de l'examen sur le fond du dossier. La France répète que ces mesures conservatoires "sont dépourvues de caractère contraignant" et met en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable".

Macron devrait intervenir, selon Bellamy

Les avocats se sont alors tournés samedi vers le président de la République, qui n'a pas répondu pour l'heure, et annoncé qu'ils déposeraient trois "nouveaux recours" lundi, sans plus de précisions.

Mais après les évêques samedi, François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes, a demandé dimanche "qu'on se laisse le temps" dans le dossier Vincent Lambert, dans lequel Emmanuel Macron devrait intervenir, selon lui.

Vincent Lambert n'avait pas écrit de directives anticipées. Le patient de 42 ans est, selon une dernière expertise, "dans un état végétatif chronique irréversible". Le 24 avril 2019, le Conseil d'Etat a déclaré que la décision d'arrêt des soins prise par le médecin "ne peut être tenue pour illégale".

Liv Audigane avec AFP