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Villeurbanne, Paris, Marseille: quelles villes luttent le mieux contre le racisme?

La ville de Saint-Denis.

La ville de Saint-Denis. - -

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) publie mercredi le classement des villes de France en matière de lutte contre le racisme. Tour d'horizon.

"Quelles sont les villes les plus impliquées dans la lutte contre le racisme?" C'est pour répondre cette question que République et Diversité et le Cran publient mercredi le palmarès des villes impliquées contre le racisme (voir en bas de l'article le classement complet).

Les 50 plus grandes villes de France ont donc été passées au crible pour savoir, entre autres, combien d'adjoints étaient issus de la diversité? La mairie finance-t-elle des associations antiracistes? Prend-elle en compte le bilan des entreprises en la matière quand elle attribue des marchés publics?

Paris dans le trio de tête

Mauvais élève du classement, Marseille est la ville la moins active dans la lutte contre le raciste, juste derrière, d'Aix-en-Provence, Versailles, Boulogne-Billancourt, Courbevoie et Toulon. En haut du classement, Villeurbanne fait figure d'exemple, suivi de Montreuil et de Paris.

Ce classement met en lumière plusieurs types de clivages. Le premier, de nature politique, montre que les villes dirigées par des maires de gauche sont plus actives dans la lutte contre le racisme que les ville de droite. Parmi les 10 premières villes du classement, 9 sont à gauche et parmi les 10 dernières, 8 sont à droite. Un phénomène qui s'explique cependant par la surreprésentation de la gauche à la tête des grandes villes.

La région Paca, "la moins dynamique en matière de lutte contre le racisme"

Ce rapport souligne également des particularités géographiques, même si au sein d'une région, les résultats peuvent être contrastés. Le meilleur côtoie ainsi le pire en Ile-de-France, avec des villes en tête du classement (Paris, Saint-Denis, Argenteuil) et d'autres (Versailles, Boulogne, Courbevoie), en queue de peloton.

Beaucoup plus d'unité en revanche en région Paca, "la moins dynamique en matière de lutte contre le racisme", avec des villes très mal notées, comme Aix-en-Provence, Marseille, Avignon ou Toulon. Selon le rapport, "la sociologie de ces villes explique sans doute ces résultats médiocre (poids du FN, forte présence des rapatriés d'Algérie, etc.)".

Enfin on constate que le multicultururalisme d'une ville ne pousse pas forcément les élus à prendre en considération la diversité et à s'impliquer dans la lutte contre le racisme. C'est le cas de Marseille, notamment.

|||Méthodologie

Le Cran a évalué les villes sur la base d'un questionnaire sur 100 points, 30 portant sur la politique interne de la mairie et 70 sur la politique publique, les villes ayant le plus de point se classant comme les plus impliquées dans la lutte contre le racisme. Résultat: les notes vont de 10 ou G (Marseille) à 79 ou A (Villeurbanne) avec une moyenne de 42,26.

Sont ainsi pris en compte dans l'évaluation des villes, l'action de la police municipale, le soutien matériel à la promotion de la diversité, ou encore représentation de la diversité au sein de l'exécutif municipal.

Magali Rangin