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Val-de-Marne: les travailleurs sans-papiers de Chronopost en grève depuis deux mois

80 salariés sans-papiers de Chronopost réclament à l'entreprise une régularisation de leur situation.

Depuis deux mois, un camp de fortune s'est installé devant l'agence Chronopost d'Alfortville, dans le Val-de-Marne. Sur le trottoir: des matelas à même le sol et des dizaines de tentes. 

80 salariés sans-papiers de Chronopost réclament à l'entreprise une régularisation de leur situation. Selon eux, ils travaillent de 3h du matin à 19 heures, pour un salaire de 600 euros. 

"Ce n'est pas facile mais on n'a pas le choix", explique un de ces travailleurs au micro de BFM Paris. "Même si on fait des heures supplémentaires nous ne sommes pas payés plus. Et comme nous n'avons pas de papiers, nous n'avons pas le choix d'accepter les conditions qu'ils nous imposent."

La solidarité s'organise

La mairie et plusieurs associations ont exprimé leur soutien aux grévistes. La première a notamment fait installer des sanisettes dans le campement de fortune. 

"Ce sont des travailleurs qui méritent la la régularisation de leur situation et un peu de descence de la part de Chronopost", explique Thierry Lescant, secrétaire de l'association solidaire.

Une nouvelle mobilisation est prévue à la rentrée. En attendant, les travailleurs sans-papiers souhaitent maintenir le piquet de grève durant tout le mois d'août. 

Chronopost déclare être "désigné à tort comme le fautif"

De son côté, Chronopost a déclaré à BFMTV.com être "sensible à la situation des personnes qui manifestent actuellement devant notre site d'Alfortville", mais assure être "désigné à tort comme le fautif" dans cette affaire. L'entreprise a rappelé que ces personnes n'étaient pas employées par Chronopost, mais par un "partenaire", la société Derichbourg, "qui se porte garante du respect de l'ensemble de ses obligations vis à vis de la législation".

"Nous respectons rigoureusement notre devoir de vigilance et avons mis en place des procédures très strictes en la matière depuis plusieurs années", déclare Chronopost "Les nombreux contrôles effectués par l’administration n'ont jamais révélé de dysfonctionnement de cette nature".
Cyrielle Cabot