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Une étude montre que les femmes scientifiques décrivent moins positivement leurs travaux que les hommes

Des scientifiques (photo d'illustration)

Des scientifiques (photo d'illustration) - XAVIER LEOTY / XL / AFP

101.720 titres et résumés d'articles du domaine de la recherche clinique publiés entre 2002 et 2017 ont été analysés.

Une étude publiée ce mardi dans le British Medical Journal révèle que les hommes scientifiques sont plus susceptibles de décrire leurs travaux comme "uniques" ou "excellents" que les femmes scientifiques. 

Les auteurs de l'études disent avoir analysé les titres et résumés de 101.720 articles dans le domaine de la recherche clinique publiés entre 2002 et 2017. L'équipe y a ensuite recherché 25 mots positifs, tels que "robuste", "remarquable", "innovant" ou "prometteur". Par exemple, les études réalisées par des hommes où le mot "innovant" est employé sont 59% plus nombreuses que celles des femmes.

Des conséquences possibles sur le salaire

De façon générale, les équipes où le chercheur le plus junior et le chercheur le plus expérimenté sont tous les deux des femmes ont 12% de chances de moins d'utiliser au moins un terme positif pour décrire leur travaux. Un contraste qui pourrait avoir une conséquence sur leur salaire: leurs déclarations, lorsqu'elles sont reprises dans des revues scientifiques, permettent aux chercheurs d'obtenir des subventions ou des promotions. 

"Un article cité plus souvent sera considéré par un comité de promotion au sein d'une université comme étant plus important qu'un article cité moins souvent", a déclaré le professeur de la Harvard Medical School Anupam Jena, co-auteur de l'étude.

Des résultats différents causés par les "normes culturelles"

Selon le professeur Athene Donald, de l'Université de Cambridge, de plus en plus de recherches vont dans ce sens. 

"Voici un autre exemple où les différences de sexe, probablement imposées de façon inconsciente par des normes culturelles aux auteurs et aux éditeurs, conduisent à des résultats différents", a-t-elle déclaré au Guardian
Alexandra Jaegy