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Une association de harkis veut se joindre aux gilets jaunes pour faire valoir ses droits

Barrage de gilets jaunes sur une route près de Marseille (Bouches-du-Rhône) - image d'illustration

Barrage de gilets jaunes sur une route près de Marseille (Bouches-du-Rhône) - image d'illustration - SYLVAIN THOMAS / AFP

Une association de harkis souhaite se joindre au mouvement des gilets jaunes le 22 décembre prochain pour faire entendre ses droits. Les harkis réclament la reconnaissance des massacres et l'abandon dont ils ont été victimes.

Les harkis entendent profiter du climat social et des gilets jaunes pour être entendus. Les membres de l'association des Harkis cœur du Var et de la Provence verte se sont réunis ce lundi à Saint-Maximin où vivent 26 familles de harkis, révèle Var-Matin. Ils souhaitent bloquer des péages et des axes de circulation le 22 décembre pour faire entendre leurs droits.

"Cela fait 56 ans qu'on attend d'être reconnu. En 56 ans, on en est toujours au même point. Le président Macron doit reconnaître les massacres et l'abandon des harkis. On doit lui rappeler, il doit tenir ses promesses (…) On doit le faire, c'est pour nos parents. Il faut se battre pour eux", martèle le président de l'association, Djamel Guedouar, devant une vingtaine de descendants de harkis.

"Le 22 décembre, on profite du battage médiatique"

Il souhaite entrer en contact avec les gilets jaunes pour les prévenir de leur souhait de les rejoindre lors de la journée d'action du 22 décembre et d'inscrire "Harkis en colère" sur le dos de leurs gilets et de profiter du "battage médiatique" du jour: "On fait partie du peuple nous aussi et on passe toujours au second plan", explique Djamel Guedouar, qui souhaite que le président de la République reconnaisse les massacres et les mauvais traitements dont les harkis, des Algériens ayant combattu du côté de l'armée française lors de la guerre d'Algérie, ont été victimes, à la fois en France et en Algérie.

"À la fin de la guerre d'Algérie, près de 90.000 harkis et leur famille ont été admis en France dans des conditions précaires. Camps, hameaux de forestage, cités urbaines, sans perspective d'intégration. Entre 100.000 et 150.000 ont été abandonnés en Algérie, ils ont été les victimes de sanglantes représailles de la part de nationalistes qui les ont considérés comme des traîtres", explique Djamel Guedouar à Var Matin.

Depuis, les harkis et leurs descendants attendent une reconnaissance de la part de l'Etat français.

Guillaume Dussourt