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Un nouveau campement de migrants parisien s'installe près du Parc de la Villette

Le retour des campements de migrants à Paris

Le retour des campements de migrants à Paris - Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Cinquante personnes, dont 14 enfants, ont déployé des tentes sur les quais du bassin. Elles seront prises en charge, assure la préfecture.

Un nouveau campement de migrants composé d'une cinquantaine de tentes s'est formé dans la nuit de mardi à mercredi sur les quais du bassin de la Villette, quartier très fréquenté de Paris, a constaté un journaliste de l'Agence France Presse (AFP).

Mercredi matin, cinquante personnes dont 14 enfants dans des tentes bleues composaient ce camp constitué essentiellement de familles et de femmes originaires d'Afrique subsaharienne, selon l'association d'aide aux migrants Utopia56.

"Il y a eu une vague de mise à l'abri tout au début du confinement mais il y a eu des oubliés, et des gens continuent d'arriver (en France)", a expliqué Florent Boyer, un responsable d'Utopia56.

L'association, qui a assuré des hébergements dans plusieurs lieux comme des paroisses durant le confinement, affirme ne plus pouvoir prendre en charge ces personnes "arrivées juste avant le confinement", notamment parce que ces locaux ne sont plus disponibles depuis la réouverture des lieux de culte.

Des opérations de mise à l'abri

Installées sur les quais de Loire, près du touristique Parc de la Villette, les 54 tentes étaient toujours en place ce mercredi matin lorsque l'association a assuré la distribution de petits-déjeuners.

Ces personnes "seront prises en charge, comme cela a été le cas les dernières semaines" lors d'opérations de mise à l'abri, a indiqué à l'AFP la préfecture de la région Île-de-France (Prif), rappelant qu'environ 12.000 places d'hébergement d'urgence avaient été débloquées durant la crise sanitaire.

Par ailleurs, quelque 200 exilés répartis dans environ 120 tentes vivent dans des conditions "indignes" le long du canal Saint-Denis tout proche, dénonce Utopia56, qui fait partie d'une coalition de 30 associations et collectifs qui ont déposé mercredi une action en référé (urgence) au tribunal administratif de Montreuil, en banlieue parisienne.

Des "carences" des autorités

Ces organisations, dont Médecins du Monde, la Ligue des droits de l'homme ou encore le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), dénoncent dans un communiqué commun l'"inaction politique" de la Prif, la préfecture de la Seine-Saint-Denis ou encore des villes d'Aubervilliers et Saint-Denis. Elles réclament en particulier un "accès à l'eau et à l'hygiène, une mise à l'abri inconditionnelle et l'arrêt des démantèlements sauvages pour les exilés", qui subissent selon elles une "pression policière" avec des "destructions de tentes".

Ces "carences" des autorités constituent des "atteintes graves et manifestement illégales à plusieurs libertés fondamentales" car elles placent les exilés dans un "dénuement total", jugent encore les requérants dans le référé-liberté consulté par l'AFP.

F.B. avec AFP