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Un an après la prise d’otages de l’Hyper Cacher, l'hommage

Quatre personnes avaient été tuées le 9 janvier 2015 lors de la prise d'otages porte de Vincennes.

Quatre personnes avaient été tuées le 9 janvier 2015 lors de la prise d'otages porte de Vincennes. - Kenzo Tribouillard - AFP

La France a commémoré ce samedi soir les 4 victimes de la prise d’otages de l’Hyper Cacher, le 9 janvier 2015. Plus tôt dans la journée, un hommage a été rendu à Clarissa Jean-Philippe, la policière municipale tuée la veille à Montrouge par Amédy Coulibaly.

Il y a un an, quatre personnes étaient tuées par Amédy Coulibaly lors de la prise d’otages de l’Hyper Cacher. Un "rassemblement unitaire d’hommage" aux victimes des attentats de janvier s'est tenu ce samedi soir devant le supermarché de la porte de Vincennes, à l’issue de shabat, le repos juif.

Une cérémonie organisée à l’appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), et en présence du Premier ministre Manuel Valls, du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et du dirigeant du Conseil français du culte musulman (CFCM) Anouar Kbibech. 

"En dépit d'un traumatisme durable, la vie a repris son cours. Avec le sentiment d'une fraternité retrouvée", se réjouit avec le recul le grand rabbin de France, Haïm Korsia.

Mais si la communauté juive s'est habituée à la présence, rassurante et impressionnante à la fois, de soldats devant plus de 700 synagogues, écoles juives, centres communautaires, l'inquiétude persiste et les doutes devant l'avenir se lisent notamment dans l'émigration vers Israël (aliyah, "montée" en hébreu).

Un nombre record de départs vers Israël

La France a vécu en 2015 une deuxième année consécutive record, avec près de 7.900 départs. "Je ne me sens plus en sécurité ici. En tant que juifs, nous sommes une cible privilégiée, dans un pays qui est lui-même une cible", analyse ainsi Noémie, survivante de l'Hyper Cacher. Mardi, François Hollande s'était rendu devant le supermarché, pour le dévoilement d'une plaque "à la mémoire des victimes de l'attentat antisémite du 9 janvier 2015" et portant le nom des quatre victimes: Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada.

D'autres plaques avaient alors été dévoilées devant les locaux de Charlie Hebdo et sur le boulevard Richard-Lenoir où un policier a été abattu par les frères Kouachi. Jeudi, au moment même où le chef d'Etat rendait hommage aux forces de l'ordre, un homme armé d'un hachoir, criant "Allah Akbar" et se revendiquant des jihadistes de l'Etat islamique (EI) a été tué par les policiers devant un commissariat de Barbès, un an jour pour jour après l'attaque contre Charlie.

Une plaque à la mémoire de Clarissa Jean-Philippe

Un hommage a également été rendu samedi à la mémoire de la policière municipale Clarissa Jean-Philippe, tuée en pleine rue le 8 janvier 2015 à Montrouge (Hauts-de-Seine) par Amédy Coulibaly, au lendemain de l'attaque contre Charlie Hebdo, alors qu'elle avait été appelée sur un accident de la circulation à proximité d'une école juive. Une plaque a été dévoilée dans la matinée à Montrouge en présence du président François Hollande. 

Un square à son nom a aussi été inauguré à Carrière-sous-Poissy (Yvelines), la ville où résidait la jeune femme de 26 ans, de même qu'une rue à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Le 7 janvier 2015, les frères Saïd et Chérif Kouachi assassinaient douze personnes en attaquant Charlie Hebdo, avant de prendre la fuite. Le lendemain, Coulibaly tuait Clarissa Jean-Philippe puis prenait le 9 janvier en otages les employés et les clients de l'Hyper Cacher, abattant quatre d'entre eux. Il meurt le même jour dans un assaut policier, mené quasi-simultanément avec l'intervention du GIGN dans une imprimerie en grande banlieue parisienne, où les frères Kouachi, qui s'y étaient retranchés, sont tués.

la rédaction avec AFP