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Travail dominical: les syndicats agissent pour faire respecter la loi

Pour le deuxième week-end consécutifs, un grand nombre d'enseignes restaient ouverts ce dimanche 6 octobre.

Pour le deuxième week-end consécutifs, un grand nombre d'enseignes restaient ouverts ce dimanche 6 octobre. - -

Pour faire respecter la loi et faire punir les entreprises qui ouvrent le dimanche malgré l’interdiction, cinq syndicats se sont unis. Ensemble ils multiplient les procédures en justice.

Ils ont déjà à leur actif des victoires contre les Galeries Lafayette, le BHV, Apple, Uniqlo, des supérettes comme Monoprix, Franprix, Carrefour City, G20, Super U ou plus récemment Sephora. CGT, CFTC, CFDT, FO, SUD, unis sous l’intersyndicale du commerce d’Ile-de-France Clic-P, ont décidé d'agir ensemble pour faire respecter la loi sur le travail le dimanche.

Alors que le président de l'enseigne de bricolage Bricorama a dénoncé ce lundi l'impunité dont jouissent, selon lui, ses concurrents qui "s'affranchissent d'une décision de justice" en continuant à ouvrir le dimanche, des personnes telles qu'Eric Scherrer, président du syndicat de commerce SECI-UNSA, traquent ces magasins.

Pour cela, la méthode est simple: passer en personne à la caisse et utiliser le ticket de caisse comme preuve. "Ce ticket de caisse nous sert de preuve afin de démontrer que ce magasin enfreint la loi", explique Eric Scherrer qui sort justement d'une supérette.

"Mon entreprise triche, aidez-moi!"

"L'immense majorité des commerces ne veulent pas de ces dérèglementations. Ce sont ces salariés qui nous saisissent en nous disant: 'Mon entreprise triche, aidez-moi!'", assure Eric Scherrer.

Pour lui ainsi que pour ses collègues, le repos dominical est un principe qui fédère la société. "Ces salariés devraient être en train de faire autre chose, s'amuser, profiter de leur vie de famille, aller au cinéma", défend le président du syndicat de commerce.

Selon lui, le repos dominical est aussi un atout économique. Eric Scherrer estime notamment que si le travail du dimanche était amené à se généraliser, ce serait au détriment des petits commerces, qui eux, perdraient une partie de leur clientèle.

Alors que pour le deuxième week-end consécutif, les enseignes de bricolage Leroy Merlin et Castorama ont bravé l'interdiction en ouvrant les portes de quatorze de leurs quinze magasins franciliens condamnés à la fermeture, le gouvernement se réunit d'urgence ce lundi pour discuter de cette question.

Une mission de concertation sur cette question du travail dominical a été confiée à l'ancien président de La Poste, Jean-Paul Bailly, dont les conclusions sont attendues fin novembre.

A.-L. Baulme avec J. Guillot et S. Hébrard