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Sept femmes postulent symboliquement à des fonctions dans l'Eglise catholique

(photo d'illustration) Des hommes d'Eglise.

(photo d'illustration) Des hommes d'Eglise. - AFP

Qu'il s'agisse du diaconat, de l'épiscopat ou de la nonciature, ces fonctions sont toutes occupées par des hommes. Le collectif Toutes apôtres! tente de faire évoluer la doctrine de l'Église.

“Ce sera, à n'en pas douter, une déflagration qui permettra de réformer l’Église catholique.” Ce mercredi, sept femmes ont décidé de candidater aux postes de diacre, évêque, nonce, curé, prédicateur laïc… Des fonctions encore réservées aux hommes au sein de l’institution religieuse.

“L'absence des femmes en situation de responsabilité – que ce soit à la gouvernance de nos paroisses, de nos diocèses, au Vatican ou comme ministres ordonnées – constitue un scandale. Cette immense injustice n’est pas un problème mineur”, écrit dans un communiqué de presse le collectif Toutes apôtres! cofondé par cinq femmes, catholiques ferventes et féministes engagées.

Leur action fait suite à celle d’Anne Soupa, le 25 mai dernier. Cette dernière - qui fait partie des fondatrices de Toutes apôtres! - avait postulé à l'archevêché de Lyon pour succéder à Mgr Philippe Barbarin, ancien primat des Gaules déchu après les agissements pédocriminels du père Preynat. Une démarche symbolique pour provoquer "une prise de conscience face à l’invisibilité" des femmes dans l’Église catholique, disait-elle alors.

"Il est temps de donner la parité aux femmes"

La tradition veut que le pape choisisse lui-même les évêques, nonces, curés, diacres, prédicateurs laïcs parmi des noms proposés par le Nonce apostolique, l'ambassadeur du Saint-Siège à Paris. Des noms qui ont jusqu’à ce jour toujours été masculins.

“La place des femmes n’est pas ce qu’elle devrait être en 2020. C'est un scandale de laisser perdurer l'invisibilité des femmes dans l’Église", expliquait à l'AFP au mois de mai Anne Soupa, qui a créé le Comité de la jupe.

Ce mercredi, les sept nouvelles candidates lui emboîtent le pas et tentent de briser ce plafond de verre. Parmi elles, Loan Rocher, une femme transgenre qui postule au poste de diacre. Elle souhaite désormais être ordonnée par l’Eglise catholique, car “les femmes ont des charismes égaux à ceux des hommes. Il est temps de donner la parité aux femmes dans la gouvernance de l'Église, de donner la parole aux femmes”, explique-t-elle.

Des femmes "mises sous silence"

Sylvaine Landrivon, candidate à l'épiscopat, ajoute: “La foi, les femmes la vivent comme les hommes.”

Si ces femmes ont décidé de se lancer pour faire évoluer les positions de l’institution catholique, franchir le cap n’a pas été évident. “La mise sous silence des femmes par l’Église pendant des siècles perdure encore de manière diffuse. Nombreuses sont les femmes que nous avons rencontrées qui n’osent pas candidater de peur de perdre leur travail d’enseignement dans des instituts catholiques ou d’être mises à l’écart dans leurs activités paroissiales et diocésaines”, explique Toutes apôtres! dans son communiqué de presse.

Face au mur qui s’élève devant les femmes de l’Église catholique, elles ont malgré tout décidé “de prendre à bras-le-corps ces obstacles”.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV